À travers les portraits de Kettly Noël, Jehyna Sahyeir et Tcheïta Vital, l’association Bohio Ayiti propose une exposition consacrée aux parcours, aux engagements et à la créativité de trois femmes haïtiennes. Présentée jusqu’au 30 novembre à la gare Saint-Denis Pleyel, en région parisienne, l’initiative entend rapprocher l’art du grand public.
La culture haïtienne s’invite dans les espaces du quotidien en région parisienne. Depuis le 1er novembre, la gare Saint-Denis Pleyel, desservie par la ligne 14 du métro, accueille « En mouvement », une exposition photographique portée par Bohio Ayiti, en partenariat avec Keolis.
À travers l’objectif de la photographe Astrid di Crollalanza, le projet met en lumière trois personnalités féminines haïtiennes aux parcours et aux engagements différents : la danseuse et chorégraphe Kettly Noël, la chanteuse et comédienne Jehyna Sahyeir, ainsi que la journaliste et réalisatrice Tcheïta Vital.
Le dispositif repose sur un format volontairement court : « Trois femmes. Trois voix. Trois minutes. » Des portraits photographiques accompagnés de témoignages filmés invitent les voyageurs à découvrir des trajectoires humaines et artistiques souvent éloignées des regards.
Trois parcours, trois formes d’engagement
Figure de la danse contemporaine, Kettly Noël explore, à travers ses créations, les rapports entre le corps, l’identité et la liberté. Son travail contribue au rayonnement de la création chorégraphique haïtienne entre Haïti, l’Afrique et les scènes internationales.
De son côté, Jehyna Sahyeir fait dialoguer le jazz avec les traditions musicales issues du vodou. Par son travail artistique, elle participe à la valorisation et à la transmission du patrimoine culturel haïtien auprès des nouvelles générations.
Le troisième portrait est celui de Tcheïta Vital. Journaliste et réalisatrice, elle a dû trouver refuge en France après avoir été confrontée à des menaces liées à l’exercice de son métier. Loin de renoncer à son engagement, elle poursuit ses activités dans les domaines de la liberté d’expression, de la création radiophonique et de la transmission.
Trois histoires singulières qui abordent, chacune à leur manière, les questions de création, d’identité, d’exil et de résilience.
L’art au-delà des espaces culturels traditionnels
Avec « En mouvement », Bohio Ayiti défend une conception de la culture accessible au plus grand nombre. En installant des œuvres dans une gare, l’association entend transformer un lieu habituellement consacré aux déplacements en espace de rencontre et de découverte.
Les photographies sont signées Astrid di Crollalanza. Les témoignages vidéo ont été réalisés par Mathieu Mathar et Lourdy Morland.
L’exposition se poursuivra jusqu’au 30 novembre 2026. L’accès est libre et gratuit.
Deux autres rendez-vous autour de la culture haïtienne
La programmation de Bohio Ayiti se prolongera également au-delà de cette exposition. Le 19 novembre, à 18 h 30, le Musée du quai Branly – Jacques Chirac accueillera une rencontre consacrée à Haïti, à la peinture de Saint-Soleil et au regard porté par André Malraux sur les artistes haïtiens. Michèle Pierre-Louis, ancienne Première ministre d’Haïti, y est annoncée comme invitée d’honneur. La participation du Musée du Panthéon national haïtien et du Centre d’Art de Port-au-Prince est également prévue.
Le 27 novembre, à 18 h 30, une projection-débat autour de Les Vagues dans les yeux, une trilogie du cinéaste haïtien Samuel Suffren, est programmée à la Cité du Cinéma, à Saint-Denis. Les échanges porteront notamment sur l’exil, l’immigration et les trajectoires de vie, avec la participation de plusieurs intervenants, dont la poétesse et autrice Douce Dibondo.


