NEW YORK, mardi 3 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — L’Organisation des Nations unies (ONU) a confirmé avoir reçu une correspondance signée par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », chef du groupe armé 400 Mawozo, sollicitant une médiation internationale auprès des forces étrangères déployées en Haïti. L’organisation a toutefois précisé que la réception de ce document ne constituait ni une approbation de son contenu, ni une reconnaissance de son auteur, ni une prise de position favorable à ses revendications.
Cette clarification, communiquée lundi 2 novembre par Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général António Guterres, intervient après la publication d’une enquête de la journaliste Dánica Coto, de l’Associated Press (AP), confirmant que Wilson Joseph avait personnellement revendiqué la rédaction de cette correspondance de deux pages.
Le chef de 400 Mawozo, qui présente son organisation comme un « groupe rebelle », demande l’envoi d’une délégation des Nations unies chargée de faciliter des négociations entre son groupe et les forces internationales. Il affirme avoir officiellement brandi le drapeau blanc depuis le 20 août 2026 et se déclare disposé à participer à des discussions en vue d’un règlement négocié.
Selon les extraits de la lettre rapportés par AP, Wilson Joseph exprime ses inquiétudes devant les déclarations du président salvadorien Nayib Bukele, dont le gouvernement a envoyé plus de 2 000 militaires en Haïti après la disparition de quatre techniciens aéronautiques salvadoriens, le 18 octobre, dans la région de la Plaine du Cul-de-Sac.
« Je demeure convaincu que le dialogue doit prévaloir sur la force », affirme le chef de gang, selon la traduction française de ses propos rapportés par AP. Il invoque également la protection des enfants et des familles vulnérables, tout en accusant les opérations militaires de provoquer des victimes civiles, des allégations qui nécessitent une vérification indépendante.
L’ONU a par ailleurs précisé que la grande majorité des militaires salvadoriens récemment déployés ne font pas partie de la Force de répression des gangs (FRG/GSF). Ces contingents ne sont donc pas soumis au dispositif de supervision et de rapport du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH).
L’organisation réaffirme néanmoins que toutes les opérations sécuritaires doivent respecter les normes applicables du droit international, particulièrement les obligations relatives à la protection des populations civiles.
Wilson Joseph fait l’objet de sanctions internationales et de poursuites judiciaires américaines liées notamment à des prises d’otages. Les autorités américaines offrent une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour des informations permettant son arrestation ou sa condamnation. Le groupe 400 Mawozo est notamment impliqué dans l’enlèvement de 17 missionnaires nord-américains en octobre 2021.
Une interrogation demeure : comment envisager un dialogue avec un groupe armé faisant l’objet de sanctions internationales sans compromettre les droits des victimes, les exigences de responsabilité pénale et les prérogatives souveraines de l’État haïtien ?
Sources : Bureau du porte-parole du secrétaire général des Nations unies, 2 novembre 2026 ; Associated Press, Dánica Coto, 2 novembre 2026 ; Europa Press, 3 novembre 2026.
Annexe — Communication officielle des Nations unies du 2 novembre 2026
Document : Note to Correspondents: on Haiti Émetteur : Bureau du porte-parole du secrétaire général des Nations unies Lieu : New York Date : 2 novembre 2026
Le texte intégral est accessible sur le [site officiel des Nations unies](https://www.un.org/sg/en/content/sg/notes-correspondents/2026-11-02/note-correspondents-haiti?utm_source=chatgpt.com).
Rezo Nòdwès reproduit ci-dessous une reformulation française complète des points substantiels identifiés, et non une transcription intégrale certifiée, puisque la page officielle n’a pas pu être directement consultée dans son intégralité.
**NATIONS UNIES — NOTE AUX CORRESPONDANTS**
**Objet : Situation en Haïti — Déploiement de militaires salvadoriens et correspondance attribuée à Wilson Joseph**
**New York, 2 novembre 2026**
En réponse aux questions concernant la situation en Haïti, les Nations unies apportent les précisions suivantes.
**1. Déploiement des militaires salvadoriens**
Les Nations unies ont connaissance des informations faisant état du déploiement de militaires salvadoriens supplémentaires en Haïti.
La grande majorité de ces militaires ne sont pas déployés dans le cadre de la Force de répression des gangs (GSF). Ils se situent, par conséquent, en dehors du champ du mandat et des mécanismes de rapport du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH).
**2. Mandat des Nations unies**
Le Bureau d’appui des Nations unies en Haïti est chargé de fournir un soutien logistique et opérationnel à la Force de répression des gangs, conformément au mandat établi par le Conseil de sécurité et aux obligations applicables en matière de droits humains.
**3. Réception de la correspondance signée par Wilson Joseph**
Les Nations unies confirment avoir reçu une lettre portant la signature de M. Wilson Joseph, du « Gwoup Rebel 400 », adressée à l’attention du secrétaire général.
La réception d’une telle correspondance ne constitue ni une approbation de son contenu, ni une reconnaissance de son auteur, ni l’expression d’une position des Nations unies.
**4. Protection des populations civiles**
Les Nations unies demeurent préoccupées par les conséquences des violences sur les communautés haïtiennes.
Toutes les opérations de sécurité, qu’elles soient conduites dans le cadre de la Force de répression des gangs ou par les autorités nationales et leurs partenaires, doivent être exécutées conformément au droit international applicable.
**Fin de la reformulation.**
*Source : Bureau du porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Note to Correspondents: on Haiti, 2 novembre 2026.*

