J’ai été vraiment surpris et déçu d’entendre l’avertissement sévère aux gangs haïtiens du président salvadorien Nayib Bukele après l’enlèvement de quatre techniciens de l’aviation de l’armée salvadorienne après une embuscade le 18 octobre 2026 à Santo, en Haïti.
Des militaires, techniciens de l’aviation ! affectés à des tâches d’évacuation médicale et de sauvetage, et non des troupes de combat !
Dans un pays où les gangs règnent en maîtres, où la population crève et est aux abois, le Salvador qui a tant d’expériences dans le domaine des bandes armées, nous envoie des aviateurs affectés à des tâches d’évacuation médicale ! Non mais ! C’est incroyable !
Aux malheurs d’Haïti, s’ajoute un « juteux contrat » pour Erik Prince, allié proche de Trump, l’Anti-haïtien par excellence, des dizaines de millions de dollars « vèt » par année selon CNN, pour éliminer quelques membres des gangs de temps à autre alors que les chefs, symboles de toutes les horreurs, sont toujours là.
C’est accablant ! Cela prouve que le chaos demeure, que rien n’a changé, que les morts n’ont pas vengé les morts, que la mort guette toujours les survivants. C’est une insulte aux familles, aux victimes, c’est la continuité de l’horreur sous une nouvelle gestion!
Des soi-disant mercenaires, anciens militaires américains qui paraissent aussi incompétents que nombre de policiers haïtiens formés à coups de millions par les États-Unis et le Canada ?
Something is definitely wrong!
Et maintenant, des élections sur une portion du territoire non encore perdu ! Des gangs qui remplacent l’État et imposent des impôts locatifs ?
Et comme cerise sur le gâteau, un excellent roman primé puis aujourd’hui discrédité !
C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, raconte le parcours de Jonas Dorléon, un professeur haïtien contraint de quitter la capitale en raison des violences qui touchent son quartier. Le récit aborde notamment les thèmes de la migration et de l’exil, entre autres.
Mon cher Orélien, il ne fallait pas écrire ce livre. Comment un auteur haïtien peut-il se permettre d’écrire un roman à succès racontant le parcours migratoire réussi d’un Noir contraint de quitter Haïti, terre rendue infernale par des politiques intérieures et extérieures, pour rejoindre les États-Unis puis le Canada ?
Ce narratif ne saurait plaire aux anti-haïtiens, M. Orélien ! Leurs analystes sont devenus fous !
À leurs yeux, quel horrible message pour le grand nombre d’Haïtiens qualifiés qui seraient tentés d’imiter Jonas Dorléon ?
Il fallait vous tuer, pardon ! tuer votre livre qui certainement n’a pu être écrit complètement par une IA. C’est impossible ! Une IA ne peut écrire un si beau roman.
Trop de faiblesses d’écriture, de phrases élégantes mais creuses, de conclusions qui reformulent sans cesse la même idée, de redondances et de redites, de réutilisation de certains mots à une fréquence excessive, d’accumulation de termes voisins, de constructions grammaticales automatiques, d’excès de contrastes et d’antithèses, de transitions et de dramatisation artificielles, de conclusions moralisatrices, de tendance à tout expliquer ainsi qu’une monotonie du rythme.
L’IA, c’est une écriture artificielle, un outil sans chair.
Vous avez peut-être utilisé l’IA pour améliorer certains paragraphes ou pour vous procurer certaines idées. Mais vu les faiblesses de l’IA, ce livre est vôtre.
Le titre même de votre ouvrage vous condamnait ! c’était ça ! c’est-à-dire fuir, émigrer ? Vous avez choisi entre émigrer et mourir, puis vous vous êtes permis de réussir votre émigration ? Le laboratoire anti-haïtien n’a pas été content, M. Orélien.
Le titre de votre livre aurait dû être : Il n’y a qu’un seul choix, Crever en Haïti et s’en remettre au dieu blanc ou Indignes de cette terre, crevons et abandonnons-la aux autres.
Traite négrière espagnole puis française, captivité criminelle, déshumanisation, blocus naval anglais, occupation américaine, cyclones, tremblement de terre dont le président Hugo Chávez avait attribué l’origine à une intervention artificielle, sida, covid, création de gangs, et nous sommes toujours là !
Non. Le choix qu’on nous impose n’est pas double, il est unique : subir et mourir là, en Haïti. Pas partir ou mourir. Mourir, tout simplement, pendant qu’on nous explique que c’est la fatalité, la géographie, la malédiction. Des pilotes pour évacuer au lieu de soldats pour contrôler, des mercenaires pour facturer au lieu d’une police pour protéger et des élections pour décorer au lieu d’un État pour tenir. Un roman écarté parce qu’il ose montrer qu’un Haïtien a réussi ailleurs. Voilà le vrai message de l’écosystème d’influence : que la seule issue honorable soit de crever sur place, et que celui qui part et réussit commet une trahison envers ce récit.
Le vrai choix, nous l’avons toujours eu, et c’est celui de nos ancêtres : nous organiser et survivre, ou la liberté ou la mort. Pas la fuite. Pas la soumission.
L’organisation : police patriote, formée, payée ; justice indépendante, transparence gouvernementale ; contrôle du territoire ; prise en charge des déplacés, reconstruction d’écoles et d’hôpitaux; et un récit national assez fort pour qu’aucun livre n’ait besoin d’être ostracisé. C’est cela que le laboratoire anti-haïtien ne veut pas voir : un peuple qui ne demande plus la permission de vivre.
On les emmerde, oui. Mais à l’extrême, cela veut dire : construire ce qu’ils ne pourront plus nous vendre, nous retirer ou nous interdire.
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Gaétan Mentor, écrivain
23 octobre 2026

