Emmanuel Macron a durci le ton jeudi, à deux jours d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, après les violences et les pillages qui ont secoué plusieurs villes françaises le 17 octobre. Le président accuse des groupes d’ultragauche d’avoir tenté de « faire tomber la République ».
Seuls les rassemblements organisés par des syndicats seront autorisés samedi, avec des itinéraires alternatifs destinés à protéger les commerces et les bâtiments publics. À Marseille et à Lyon, les autorités ont interdit toutes les manifestations. À Paris, un seul cortège, entre Bastille et Nation, a reçu le feu vert.
Le dispositif sécuritaire sera renforcé de 20 % par rapport à la semaine précédente, avec le déploiement de blindés, de militaires de l’opération Sentinelle et d’unités spécialisées. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé l’incarcération de 217 personnes parmi les 2 700 placées en garde à vue après les violences.
Les mesures de sécurité suscitent toutefois des critiques à gauche, qui dénonce des restrictions aux libertés, tandis que la droite réclame davantage de fermeté. Les commerçants, dont 2 000 à 3 000 établissements auraient été pillés ou dégradés le week-end dernier, redoutent de nouvelles violences.
La crise pèse également sur l’image du pays et les marchés financiers. Mercredi, le taux d’emprunt français à dix ans a brièvement dépassé 5 %, un niveau inédit depuis 2002. Une éventuelle dégradation de la note souveraine française par Moody’s est par ailleurs attendue vendredi soir par une majorité d’économistes.
À six mois de l’élection présidentielle, l’exécutif joue ainsi une partie délicate : rétablir l’ordre sans aggraver les tensions sociales.

