Sept millions de dollars de fonds publics haïtiens dont la destination reste à établir, 600 000 dollars versés à un ancien parlementaire américain et des équipements policiers partiellement livrés : une enquête du Miami Herald, publiée le 17 octobre, expose les irrégularités présumées entourant des contrats d’approvisionnement de la Police nationale d’Haïti (PNH). Au cœur de cette affaire, la société américaine Fencebridge Strategic Risk, engagée pour fournir des fusils semi-automatiques et des munitions. Ces révélations placent le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé devant de nouvelles exigences de transparence concernant l’utilisation des finances publiques, au moment où l’insécurité continue de compromettre le fonctionnement des institutions et les perspectives électorales.
L’argent a été transféré, mais une partie des équipements reste à livrer. Selon les investigations des journalistes Jacqueline Charles et Shirsho Dasgupta, les contrats, évalués à quelque 24 millions de dollars, ont été approuvés par le ministre haïtien de la Justice, Patrick Pélissier. Plus de 15 millions de dollars ont été transférés par l’État haïtien dans le cadre d’un montage financier faisant intervenir Ellie Soto, une intermédiaire installée au Texas. Andrew Day, responsable de Fencebridge, affirme que cette dernière conserve plus de sept millions de dollars qui devaient financer les acquisitions. Le sort exact de cette somme demeure indéterminé. Des livraisons partielles de munitions ont été effectuées, mais les engagements contractuels n’ont pas été intégralement exécutés.
Un ancien congressiste américain rémunéré à hauteur de 600 000 dollars. Mark Green, ancien président de la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, a reconnu avoir perçu cette somme pour ses services liés au dossier. Il affirme avoir facilité des contacts professionnels à Washington afin d’aider l’entreprise dans ses démarches réglementaires, tout en contestant toute implication dans la structuration des contrats ou la disparition alléguée des fonds. Fencebridge ne disposait pas, initialement, des autorisations américaines nécessaires à l’exportation des équipements concernés. Ces éléments interrogent les modalités de sélection du fournisseur, le recours à des intermédiaires privés et les mécanismes de contrôle des décaissements publics.
Sept millions de dollars non retracés, 600 000 dollars de rémunération pour un ancien élu américain et une PNH toujours confrontée aux gangs : quelles explications le gouvernement Fils-Aimé peut-il fournir ? L’affaire intervient au moment où l’exécutif promet le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections, sans avoir encore apporté de garanties suffisantes sur leur faisabilité. Pourquoi les fonds publics destinés à l’armement policier ont-ils transité par une intermédiaire extérieure à l’entreprise contractante ? Quels contrôles préalables ont été effectués ? Le gouvernement publiera-t-il les contrats, les justificatifs bancaires et les rapports de livraison ? personnellement au Premier ministre.
Source : Miami Herald, enquête de Shirsho Dasgupta et Jacqueline Charles, 17 octobre 2026, [« Dolly Parton’s nephew, former lawmaker struck arms deal in Haiti. Millions are missing »](https://www.aol.com/articles/dolly-parton-nephew-former-lawmaker-172527000.html?utm_source=chatgpt.com).

