Par Reynoldson Mompoint
Cap-Haïtien, le 18 octobre 2026
La jeunesse française se mobilise. Au Brésil, de jeunes candidats accèdent aux fonctions parlementaires.
En Haïti, une question s’impose : où sont les jeunes dans les lieux de décision ?
En France, les organisations de jeunesse des partis politiques multiplient les initiatives de terrain, les campagnes numériques et les actions de mobilisation en vue des échéances électorales. Pourtant, leur capacité à influencer les décisions de leurs propres partis demeure limitée. La mobilisation existe, mais l’accès au pouvoir reste un autre combat.
Au Brésil, les élections législatives d’octobre 2026 ont mis en lumière l’émergence de jeunes élus. Alvinho Lira, âgé de 20 ans, est notamment devenu le plus jeune député fédéral élu de l’histoire du pays. Ce résultat illustre une réalité essentielle : la jeunesse ne doit pas seulement participer aux débats politiques ; elle peut également accéder aux institutions qui façonnent l’avenir national.
Et Haïti dans tout cela ?
Le constat interpelle. Selon les données de l’Union interparlementaire, Haïti ne dispose ni d’un quota électoral destiné aux jeunes ni d’un forum spécialisé pour la jeunesse à la Chambre des députés. Les données disponibles soulignent ainsi les limites des mécanismes institutionnels favorisant leur représentation politique.
Pourtant, la jeunesse haïtienne ne manque ni de compétences, ni d’idées, ni d’ambitions. Elle évolue dans un environnement marqué par l’insécurité, le chômage, la précarité et l’incertitude.
Trop souvent, elle est sollicitée pour applaudir, mobiliser les foules, distribuer des affiches et défendre des intérêts politiques qui ne deviennent pas nécessairement les siens une fois le pouvoir conquis.
La jeunesse haïtienne doit-elle rester une force de mobilisation sans devenir une force de décision ?
Le problème ne réside pas uniquement dans l’absence de jeunes au Parlement. Il concerne également leur accès aux responsabilités publiques, aux structures dirigeantes des partis, aux espaces de négociation et aux mécanismes d’élaboration des politiques nationales.
Il est temps de dépasser les discours de circonstance. Les partis politiques doivent ouvrir leurs instances dirigeantes. Les institutions doivent créer des mécanismes favorisant une participation réelle des jeunes. Et les jeunes eux-mêmes doivent investir les espaces de décision, structurer leurs organisations et transformer leurs revendications en projets politiques cohérents.
Haïti ne construira pas son avenir en maintenant sa jeunesse dans les coulisses de la République.
La question n’est donc pas de savoir si les jeunes Haïtiens sont capables de diriger. Elle est de savoir quand la République leur donnera réellement les moyens de participer à la direction du pays.
Reynoldson Mompoint | Avocat | Journaliste |Communicateur Social
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