17 octobre 2026
Haïti : malgré les sanctions de l’ONU, les armes continuent d’alimenter la violence des gangs
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Haïti : malgré les sanctions de l’ONU, les armes continuent d’alimenter la violence des gangs

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé mercredi le régime de sanctions visant à limiter l’approvisionnement en armes des gangs en Haïti, où la violence a contraint environ 1,5 million de personnes à fuir leur domicile, selon les Nations unies.

Créé en 2022, ce dispositif comprend un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs des personnes et entités désignées. Neuf personnes et deux groupes figurent actuellement sur la liste des sanctions.

Malgré ces mesures, les groupes armés continuent d’étendre leur influence à Port-au-Prince et dans les zones rurales. Plus de 3.000 personnes ont été tuées et plus de 1.500 blessées entre octobre 2025 et avril 2026, selon les données citées par l’ONU. Les gangs sont également accusés de viols, d’enlèvements contre rançon et de recrutement d’enfants.

L’efficacité des sanctions reste limitée par les difficultés d’application. Entre 270.000 et 500.000 armes illégales seraient en circulation dans le pays, selon des chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publiés en 2025.

Le Groupe d’experts chargé de surveiller les sanctions relève des violations régulières de l’embargo. Une partie des munitions proviendrait de stocks nationaux, certaines armes saisies étant susceptibles d’être détournées, notamment en raison de la corruption.

Les mesures financières affichent également des résultats limités. Seuls les comptes de deux personnes sanctionnées auraient été déclarés gelés, pour des montants jugés faibles par les experts. Des transferts de fonds vers des tiers compliquent par ailleurs le suivi des avoirs.

Le Groupe estime que les sanctions doivent aussi viser les réseaux politiques, économiques et sécuritaires qui soutiennent les groupes armés. Le Conseil de sécurité a prolongé de 13 mois les travaux de son comité compétent.

Les autorités haïtiennes ont salué cette décision, tout en soulignant que les sanctions ne suffiront pas à elles seules à rétablir la sécurité. Leur efficacité dépendra notamment du contrôle des frontières, de la lutte contre les trafics et de la coopération régionale.

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