Des milliers de Colombiens ont manifesté mercredi dans plusieurs villes du pays contre les politiques du président de droite Abelardo de la Espriella, deux mois après son arrivée au pouvoir, lors d’une journée nationale marquée par les tensions autour du droit de manifester.
À Bogota, Medellin et Cali, des syndicats, des étudiants, des organisations indigènes et des militants de gauche ont dénoncé les orientations économiques et sociales du gouvernement. La mobilisation, soutenue par l’ancien président Gustavo Petro, a notamment porté sur la défense des droits des travailleurs, de l’éducation publique et des communautés indigènes.
Les manifestants contestent également le durcissement de la politique sécuritaire et la révision des règles encadrant les interventions policières pendant les rassemblements.
Adopté mardi, un nouveau décret autorise les forces de l’ordre à intervenir contre les auteurs d’actes violents sans attendre la fin des négociations avec l’ensemble des manifestants. Le texte prévoit aussi des dispositions concernant les blocages routiers. L’opposition et des défenseurs des droits humains redoutent que ces mesures ne facilitent des interventions disproportionnées.
Le gouvernement assure vouloir protéger les manifestations pacifiques tout en empêchant les violences et les entraves à l’accès aux services essentiels.
Selon le bilan présenté mercredi soir par le président, quelque 62.000 personnes ont participé aux rassemblements dans le pays et 98% des mobilisations se sont déroulées pacifiquement. Les autorités ont également fait état de six arrestations et de plusieurs interventions policières.
Cette journée constitue un premier test d’ampleur pour l’opposition depuis l’arrivée au pouvoir de M. de la Espriella. Les organisations mobilisées entendent maintenir la pression sur l’exécutif, alors que les désaccords portent autant sur les politiques publiques que sur les limites imposées à la contestation sociale.

