7 octobre 2026
PRA. CE QUE JE PENSE : DOUBLE RENTRÉE DIFFICILE POUR L’ARTIBONITIEN
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PRA. CE QUE JE PENSE : DOUBLE RENTRÉE DIFFICILE POUR L’ARTIBONITIEN

CE QUE JE PENSE

DOUBLE RENTRÉE DIFFICILE POUR L’ARTIBONITIEN

Par Pierre Robert Auguste

Ce mois d’octobre aura acculé l’artibonitien à subir difficilement sinon péniblement la double rentrée fiscale et judiciaire.

D’une part, il entend parler d’un nouveau code fiscal . Il n’avait jamais été consulté. Il n’en sait rien.S’affaissant sous de lourdes étreintes économiques depuis plus de 7 ans entre les blocus, les actes d’insécurité des gangs terroristes et l’indifférence complice des dirigeants, il attend de bon droit,comme dans tout État responsable, des bougies d’allumage pour relancer le train des affaires. Il se sent de plus en plus ignoré, méprisé, abandonné à une sous- citoyenneté discriminatoire.

D’autre part, la justice ne tient pas compte ni de ce sort civique ni de sa propre stature . Dans l’Artibonite, les tribunaux se plantent, la justice se déserte. Les droits humains se délestent . Les magouilleurs, les faussaires, les coquins s’emparent. Les faux titres chassent l’authenticité, charment le mot du droit et provoquent une stagnation de moralité face à une stagflation d’avidités et de cupidités. Reste la nostalgie du passé de rectitude des toges exemplaires.

Sans aucune honte ni humanité, des hommes et des femmes sont parqués dans des réduits appelés bêtement prison civile, pire que les cales nauséabondes des négriers coloniaux. Le ministère de la justice est au courant. Il s’en fout,plus soucieux de retenues budgétaires que de faire honneur à la symbolique de la cité de l’indépendance,là où « la dignité de l’homme noir s’est mise debout pour la première fois ». Les fonctionnaires de la justice et les policiers se plaignent de mauvais traitements. Encore une cause aggravante de l’insécurité et une autre preuve de l’insouciance de ceux qui prétendent diriger la Première République Noire du Monde, alors qu’ils ne font que des ponctions budgétaires éhontées sous le rescrit du blanc.

Un point de droit, source de divergences et de conflits récurrents, aurait dû retenir l’attention doctrinale. La tarification judiciaire. Elle couvre l’éventail de l’anarchie et reste la prérogative de qui veut faire abus exagéré ou de qui montre une certaine conscience modérée.

On attend un vœu solennel celui du magistrat, être sans peur et sans reproche, qui regarde en face, aux États-Unis, où est pris en charge le procès de l’assassinat d’un président haïtien tué dans son pays sans aucune volonté de retracer ce crime odieux et qui déclare au nom de la République que la honte de la justice est l’anéantissement de l’Etat et que l’Etat doit renaître par l’excellence de la justice et par la magnificence du droit et par la noblesse et la manière de la justesse du mot du droit. Où est-il ce magistrat ? Qui est-il ?

Gonaïves le 6 octobre 2026
Pierre Robert Auguste

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