Il n’y a pas de calendrier électoral. Il n’y a pas de règles stables. Il y a uniquement le CEP et sa volonté et un Premier ministre de facto et sa volonté de se cramponner le plus longtemps possible au sommet de l’État. Le communiqué du 5 octobre 2026 ne fait que confirmer cette réalité.
Le communiqué du Conseil électoral provisoire daté du 5 octobre 2026 ne surprend plus. Il prolonge une nouvelle fois la période d’inscription en ligne des candidats et de dépôt des pièces jusqu’au 31 octobre 2026. Il reporte purement et simplement « la période initialement fixée pour le déroulement de la campagne électorale ». Les nouvelles dates seront communiquées « ultérieurement » dans un calendrier « actualisé et finalisé » qui sera rendu public « dans les meilleurs délais ».
Ce texte est l’aveu à peine voilé de ce que beaucoup observent depuis des mois : il n’existe plus de calendrier électoral digne de ce nom. Il n’y a que des ajustements successifs, des prolongations motivées par des consultations, des modifications du décret électoral du 2 juin 2026 adoptées en Conseil des ministres, et la promesse permanente d’un document définitif qui n’arrive jamais.
Un vrai calendrier s’impose à tous, y compris au CEP. Il fixe des échéances et crée une discipline collective. Celui que l’institution manie depuis le début du processus est un document de convenance, modifié quand cela arrange, prolongé sous prétexte de donner « le temps nécessaire » aux structures politiques, et désormais conditionné à de nouvelles dispositions du décret. Chaque communiqué apporte sa justification technique. Le résultat est toujours le même : le processus s’étire, la date du scrutin s’éloigne, et le temps joue en faveur de ceux qui détiennent déjà le pouvoir.
En agissant ainsi, le CEP se fait le complice objectif d’Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de facto. Deux documents – le décret électoral et le calendrier – sont régulièrement retouchés sous des prétextes divers. Cette malléabilité crée un chaos électoral qui vient s’ajouter au chaos sécuritaire et institutionnel déjà généralisé. Tant que les échéances restent floues et révisables à volonté, le pouvoir de transition n’a aucune contrainte réelle de rendre des comptes devant le peuple.
Le CEP réaffirme sa volonté de dialogue et son engagement pour des élections crédibles, transparentes et inclusives. Les mots sont justes. Les actes disent autre chose. Lorsqu’une institution électorale transforme le calendrier en objet de négociation permanente et accepte de reporter la campagne sans fixer immédiatement de nouvelles dates, elle cesse d’être un arbitre pour devenir un instrument de gestion du temps au service du maintien au pouvoir.
Il n’y a pas de calendrier électoral. Il n’y a pas de règles stables. Il y a uniquement le CEP et sa volonté et un Premier ministre de facto et sa volonté de se cramponner le plus longtemps possible au sommet de l’État. Le communiqué du 5 octobre 2026 ne fait que confirmer cette réalité.

