5 octobre 2026
Flashback | 2 octobre 2020 : Grégory Saint-Hilaire, tué à l’ENS, une affaire toujours associée à l’impunité en Haïti
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Flashback | 2 octobre 2020 : Grégory Saint-Hilaire, tué à l’ENS, une affaire toujours associée à l’impunité en Haïti

Port-au-Prince — Flashback. Le 2 octobre 2020, Grégory Saint-Hilaire, 29 ans, étudiant à l’École normale supérieure (ENS) de l’Université d’État d’Haïti, est mortellement atteint par balle au cours d’une mobilisation d’étudiants réclamant notamment leur intégration dans le système éducatif public. Les faits se produisent dans l’enceinte de l’ENS, à proximité du Palais national, sous l’administration de Jovenel Moïse.

Selon les informations alors recueillies et rapportées par la Fondasyon Je Klere (FJKL), le tir mortel était imputé à des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN). L’organisation précisait que Saint-Hilaire avait été atteint dans le dos par un projectile tiré avec un fusil de type Colt M4. Elle rappelait également des interventions antérieures de cette unité contre l’ENS, notamment les 20 novembre 2019 et 13 mars 2020.

La mort de l’étudiant déclenche plusieurs journées de protestation à Port-au-Prince. Dès le 6 octobre, des étudiants descendent dans les rues pour réclamer l’identification des responsables ; les affrontements, barricades et interventions policières se multiplient autour du Champ-de-Mars et de plusieurs facultés de l’UEH.

La famille dénonce ensuite l’absence de progrès judiciaire. Le 26 octobre 2020, Verdieu Saint-Hilaire, père de la victime, affirme que les conclusions d’une enquête annoncée par la PNH n’ont toujours pas été communiquées. Il accuse parallèlement les autorités d’avoir multiplié des propositions d’assistance à la famille sans que celles-ci ne puissent se substituer, selon lui, à l’exigence de justice.

Un an plus tard, le dossier revient devant la justice. Le Cercle Grégory Saint-Hilaire dépose une plainte visant notamment l’ancien Premier ministre Joseph Jouthe, l’ancien ministre de l’Éducation Pierre Josué Agénor Cadet, l’ancien directeur général de la PNH Rameau Normil, l’ancien responsable de l’USGPN Dimitri Hérard, ainsi que des agents de cette unité. L’objectif déclaré est d’établir les responsabilités pénales dans la mort de l’étudiant.

Six ans après les faits, le nom de Grégory Saint-Hilaire demeure ainsi attaché à une question judiciaire fondamentale : qui a tiré, sous quel commandement, et quelles responsabilités individuelles ont effectivement été établies par la justice ? Les archives de Rezo Nòdwès documentent les accusations, les protestations et les démarches judiciaires engagées après le 2 octobre 2020 ; elles témoignent surtout d’un dossier dont la demande centrale formulée par la famille et la communauté universitaire était, dès l’origine, l’identification et le jugement des auteurs et éventuels responsables hiérarchiques.

Archives principales : Rezo Nòdwès — enquête et réaction de la FJKL · Rezo Nòdwès — plainte déposée en 2021.

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