Instituée par l’UNESCO suite à l’adoption le 5 octobre 1966 des recommandations sur la condition du personnel enseignant, la journée mondiale des enseignants se révèle une démarche visant à faire écho des revendications des acteurs du secteur de l’enseignement. En Haïti, la célébration de la journée mondiale des enseignants s’inscrit dans un contexte de traitement indigne du gouvernement à l’égard des enseignants, de l’avis du secrétaire général de la Centrale unitaire des travailleurs des secteurs public et privés (CUTRASEPH), Josué Mérilien.
La décision du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) de lancer les activités scolaires au 7 septembre 2026, sans penser à honorer ses engagements envers le personnel enseignant témoigne d’un projet visant à malmener les enseignants. Plusieurs engagements de l’État envers les enseignants dont le salaire du mois d’aout, la rémunération du 14è mois n’ont pas été honorés, dénonce Josué Mérilien.
En outre, aucun terme du protocole d’accord paraphé entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement en janvier 2025 n’a été respecté, souligne le syndicaliste qui rencontrait la presse la semaine dernière. Josué Mérilien identifie un contexte honteux de la célébration de la journée mondiale des enseignants en Haïti. Une note scélérate du gouvernement annonçant une hausse de 15% de prélèvement sur le salaire mensuel des agents publics à partir du mois d’octobre transpire une démarche obscurantiste, critique le secrétaire général de la CUTRASEPH.
En guise de réponse, la CUTRASEPH a saisi l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour exiger des enquêtes sur la gestion des fonds de l’Office d’assurance des véhicules contre-tires (OAVCT) et d’autres institutions publiques gangrénées par la corruption. Les dispositions adoptées par les responsables du MENFP pour faciliter aux employés du secteur éducatif de retirer leurs chèques révèlent d’un scandale. À Saint-Marc, à Petite-Rivière-de-l’Artibonite, à Verrettes, à La Gonâve, à Grand-Goave, les enseignants se font de plus en plus exposer aux menaces des gangs.
S’arc-boutant sur une politique de contrôle, le gouvernement oblige les employés basés dans la vallée de l’Artibonite à parcourir des kilomètres pour pouvoir retirer leurs chèques aux Gonaïves, dénonce Mérilien. À l’occasion de la journée mondiale des enseignants, la CUTRASEPH se mobilise pour le respect de l’accord du 20 janvier 2026, pour le paiement du 14è mois de salaire des agents publics, pour exiger la dépolitisation du FNE, pour réclamer la fin des mesures arbitraires visant les enseignants.
Hervé Noel

