Hier soir, les Dominicains ont reçu une raclée chez eux. Mon frangin Reygue aurait dit : « Ils ont reçu une volée de bois vert ! »
Pendant quatre-vingt-dix minutes, j’ai vécu chaque action : le penalty raté, les buts marqués, les occasions qui font bondir et celles qui vous coupent le souffle. C’est aussi cela, la beauté du football : on tremble, on crie, on espère, et tout un pays se retrouve dans un ballon.
J’ai aussi aimé voir nos frères et sœurs nettoyer le stade après le match. Ce geste m’a touché : après la joie, le respect des lieux. Dans ces gestes simples, je retrouve de l’espoir, même lorsque j’ai l’impression que tout est en train de se perdre.
Mais une pensée ne me quittait pas : et si c’était chez nous, au stade Sylvio Cator ?
J’imaginais les tribunes pleines, les drapeaux, les voix mêlées. Une rencontre entre Raram, Fashion Matté et Relax, une foule qui chante jusqu’à couvrir le bruit de ses propres blessures. Nos joueurs sur notre pelouse, portés par les leurs. Un peuple debout, heureux de se retrouver autrement que dans le malheur.
Cette image me fait vivre. Mais nous méritons de pouvoir la vivre pour de vrai.
Nos victoires disent ce que nous sommes capables d’accomplir. Elles doivent aussi nous rappeler ce que nous devons construire : des terrains pour nos jeunes, des infrastructures dignes de leur talent, un stade où recevoir le monde et faire résonner notre hymne.
J’en suis convaincu : pouvoir jouer chez nous, devant notre public, donnerait encore plus de force à nos joueurs. Le talent mérite des moyens. La fierté mérite un lieu où prendre corps.
Nous avons appris à gagner loin de chez nous. Il est temps de nous donner les moyens de gagner à la maison.
Yves Lafortune, Miami, le 2 Octobre 2026
Sent from my iPhone

