PORT-AU-PRINCE, 29 septembre 2026 — Alix Laurent, inspecteur de police et chef de sécurité de la ministre de facto de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulémon, a été spectaculairement kidnappé à Delmas 49, nouvel épisode d’une crise sécuritaire qui atteint cette fois directement le dispositif de protection d’un membre du gouvernement de doublure.
Selon les premières informations publiées, Laurent, affecté à l’Unité de sécurité de la Primature (USPM), a été enlevé dimanche soir par un commando armé qui aurait quadrillé la zone durant l’opération. L’inspecteur aurait pu entrer en communication avec sa famille lundi matin. Les autorités n’ont toutefois pas encore précisé les circonstances exactes du rapt, identifié le groupe qui en serait responsable ni fait état d’une éventuelle demande de rançon.
L’affaire intervient au moment où Sandra Paulémon multiplie les déplacements liés aux préparatifs électoraux, bien que le ministère de la Planification ne soit pas l’organe constitutionnel chargé d’administrer les élections. Le 7 septembre, la ministre s’était rendue au Bureau électoral départemental de l’Artibonite, aux Gonaïves, sur instruction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le 24 septembre, elle effectuait une autre visite au BED du Sud, aux Cayes, où elle avait évoqué la mobilisation d’agents de son ministère pour accompagner certaines activités du processus électoral.
Le décalage nourrit directement les interrogations sur la faisabilité du scrutin : au moment où le gouvernement engage plusieurs de ses ministres dans le suivi des préparatifs électoraux, un inspecteur de police chargé de la protection rapprochée de l’une d’entre eux est kidnappé au cœur même de l’aire métropolitaine. Dans le même temps, dimanche 27 septembre, Wilner Joseph, plateforme gouvrnementale, candidat désigné par VIKTWA, rassemblait ses partisans à l’hôtel El Rancho, à Pétion-Ville, pour présenter sa plateforme et son projet présidentiel. Dès le lendemain, le Conseil électoral provisoire (CEP) rappelait aux candidats et aux formations politiques que la campagne électorale n’était pas encore officiellement ouverte.
L’article 193 du décret électoral dispose que « le début et la fin de la période […] de la campagne électorale sont fixés par le CEP », auquel revient également la planification des campagnes publiques d’information sur le processus. Le rappel du CEP place ainsi toute activité assimilable à une campagne organisée avant l’ouverture formelle de cette période sous le regard des dispositions du décret électoral.
Le kidnapping pose ainsi une question que le calendrier électoral ne peut évacuer : quelles garanties de sécurité peuvent être offertes aux électeurs, aux candidats et au personnel électoral si les gangs sont capables de capturer un policier appartenant au dispositif de sécurité rapprochée d’une ministre ?

