Des experts indépendants de l’ONU ont dénoncé lundi les expulsions de migrants vers des pays tiers organisées par les États-Unis, estimant que ces transferts les exposent à de graves risques de violations des droits humains.
Une vingtaine d’experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme affirment que le dispositif peut entraîner torture, mauvais traitements, détention arbitraire, disparitions forcées, séparation des familles et absence de garanties judiciaires. Ils soulignent également les risques de discrimination et de traite des êtres humains.
Selon une enquête publiée la semaine dernière par le consortium Forbidden Stories, l’administration américaine aurait expulsé plus de 25.000 personnes vers des pays tiers dans le cadre d’accords conclus avec 35 gouvernements. Ces personnes n’auraient souvent aucun lien avec les pays chargés de les accueillir.
Les experts indiquent avoir alerté Washington ainsi que plusieurs gouvernements concernés, notamment ceux de la Centrafrique, du Honduras, du Liberia, de la Libye et du Soudan du Sud. Certains de ces pays sont eux-mêmes confrontés à des conflits ou à de graves difficultés pour assurer la protection des personnes transférées.
Les experts estiment que ces arrangements échappent largement au contrôle démocratique et à une surveillance indépendante. Ils mettent aussi en garde contre une éventuelle implication d’organisations internationales lorsque leur soutien pourrait contribuer à des violations.
Ils demandent aux États concernés de mettre immédiatement fin à ces dispositifs, rappelant que les transferts vers des pays tiers soulèvent des questions liées à la sécurité, à la dignité et aux droits fondamentaux des migrants.

