25 septembre 2026
« L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique
Actualités Culture

« L’affaire » Thélyson Orélien à l’épreuve de la guillotine numérique

Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti

Conseiller spécial, Conseil national d’administration du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH) 
Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones

Montréal, le 25 septembre 2026

Un tsunami. Une déferlante. Dans nos villes, d’Ankara à Jacmel, de Montréal à Paris, de Fort-de-France à Québec, de Miami à Buenos Aires. Dans nos chaumières, nos venelles, nos ruelles encombrées et nasillardes et nos avenues bègues…

Un cortège liturgique. Une procession. Avec son clergé, ses rituels, missels et cérémoniels, ses chorales tonitruantes, sa cacophonie trémmulante… 

Une foi identitaire, bavarde et bavardeuse, racoleuse et lénifiante, brandie tel un improbable bric-à-brac et à l’aune d’un exponentiel lamayòt…

C’est cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien convoquée depuis deux jours au grand oral de la guillotine numérique. C’est encore cela, et sans doute davantage, « L’affaire » Thélyson Orélien avec, en son centre comme en ses banlieues, toutes les nuances de ce qui semble s’apparenter –à propos du roman C’était ça ou mourir (Boréal/Grasset, 2026)–, au delirium tremens… Au grand oral de la guillotine numérique et dans les amphithéâtres où se libèrent tous les registres de la vocifération identitariste, le delirium tremens renvoie à des tremblements généralisés, à des hallucinations visuelles et auditives, à la confusion mentale, à la tachycardie, au risque de convulsion et de collapsus cardiovasculaire… 

« L’affaire » Thélyson Orélien, dont l’épicentre est le roman C’était ça ou mourir, qu’on se le dise : c’est du sérieux, c’est du lourd…

« L’affaire » Thélyson Orélien désigne la polémique née des accusations d’usage de l’IA pour rédiger C’était ça ou mourir. Elle a pris une ampleur nouvelle lorsque le journal montréalais La Presse, le 23 septembre 2026, a fourni des preuves de plagiat jugées accablantes. Ces révélations ont « contaminé » le débat initial, transformant une suspicion technologique en crise d’intégrité littéraire. L’ensemble a cristallisé un conflit majeur sur l’authenticité de l’oeuvre, le processus de création et la confiance du public envers l’auteur, renvoyant ainsi à la dimension centrale de l’éthique dans le champ littéraire.

Un tsunami, une déferlante, un cortège liturgique et son clergé, ses rituels, missels et cérémoniels, ses chorales tonitruantes, sa cacophonie trémmulante, sa foi identitaire, bavarde et bavardeuse, racoleuse et lénifiante : nous en avions pris la pleine mesure en publiant sur WhatsApp, le 24 septembre 2026, la mise en garde suivante :

« Dans ce que certains appellent désormais « L’affaire » Thélyson Orélien, je recommande hautement d’agir avec RIGUEUR, DISTANCE CRITIQUE, PRUDENCE et PONDÉRATION. Il est lourdement toxique de se draper dans l’attitude du pompier pyromane qui allume un incendie et veut faire croire qu’il tente de l’éteindre. Il est lourdement toxique et infantile d’entonner le petit catéchisme pavlovien de « l’identité haïtienne » insultée, assautée et dénigrée par une obscure confrérie de complotistes présumés comme le suggère béatement Sandy Larose sur Facebook le 23 septembre 2026 : « Un Noir, de surcroît un Haïtien, qui décroche tous ces prix littéraires, ça dérange. D’où vient donc ce phénomène ? »…   

« La solidarité avec un romancier doit reposer non pas sur un cocorico identitaire aveugle et aveuglant, bavard et bavardeux, mythyfiant et mystificateur, populiste et fallacieux, mais plutôt sur des données attestées et vérifiées, donc irréfutables. 

« Je recommande hautement d’agir avec RIGUEUR, DISTANCE CRITIQUE, PRUDENCE et PONDÉRATION : il ne faut pas céder à la facilité, à la paresse intellectuelle et aux clichés coloristes/noiristes en déclarant péremptoirement que « Thélyson Orélien est victime de racisme »… EN TOUTE RIGUEUR FAUT S’INFORMER, ANALYSER TOUTES LES DONNÉES DOCUMENTAIRES, CONFRONTER LES FAITS ET LEUR INTERPRÉTATION… 

« Viendra ensuite le temps serein du bilan analytique amplement documenté… »

La dictature néo-fasciste et kleptocratique des Duvalier a fait d’Haïti une prison-charnier à ciel ouvert et installé dans l’imaginaire collectif haïtien une variante particulièrement violente et ravageuse de racisme schizoïde, le noirisme. Il serait tout aussi violent et ravageur de prétendre, en 2026, vouloir défendre « l’honneur » et « l’intégrité » d’un écrivain haïtien au nom du même racisme schizoïde, le noirisme…

Il y a donc lieu de le dire une fois de plus, en toute clarté, en toute liberté : dans « L’affaire » Thélyson Orélien, il faut agir avec RIGUEUR, DISTANCE CRITIQUE, PRUDENCE ET PONDÉRATION. EN TOUTE RIGUEUR IL FAUT S’INFORMER, ANALYSER TOUTES LES DONNÉES DOCUMENTAIRES, CONFRONTER LES FAITS ET LEUR INTERPRÉTATION…

Nous sommes donc encore à l’étape où il faut rassembler les diverses pièces du puzzle, écouter avec la meilleure attention la voix de Thélyson Orélien et celle de ses éditeurs québécois et français. Nous sommes à l’étape où il faut rassembler divers documents en vue d’une très prochaine herméneutique qui ne sera guère un exercice de style mais un diagnostic citoyen, politique et éthique. 

DOCUMENT – « Boréal suspend la promotion du livre de Thélyson Orélien (Radio-Canada, 24 septembre 2026)

« Les Éditions du Boréal ont annoncé jeudi leur décision de suspendre les activités promotionnelles entourant le livre C’était ça ou mourir « pour assurer le bien-être » de son auteur Thélyson Orélien, accusé d’avoir écrit le roman avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA). 

Ces derniers jours, nous avons collaboré avec Thélyson Orélien afin de l’aider à constituer un dossier détaillant le travail qui a précédé l’intervention du Boréal. Nous aurions souhaité pouvoir apporter une réponse définitive, écrit l’éditeur de l’auteur canado-haïtien dans un communiqué, ajoutant que le livre demeure disponible. 

Malheureusement, il nous est impossible à ce stade-ci d’infirmer ou de confirmer les allégations auxquelles l’auteur fait face. Dans ces circonstances, il est primordial de ne pas tirer de conclusions hâtives […] En l’absence de preuves sérieuses et tangibles, il ne nous appartient pas de décider s’il a le droit d’exister.

Les Éditions du Boréal ont également évoqué les allégations de plagiat visant d’autres textes signés par Thélyson Orélien, notamment dans La Presse et sur le site de Radio-Canada, en rappelant que le plagiat est une pratique inacceptable.

Ces allégations touchent des valeurs qui nous tiennent à cœur : le respect du droit d’auteur et, par le fait même, l’intégrité qui doit guider le processus éditorial, peut-on lire dans le communiqué. 

Les Éditions du Boréal ajoutent dans leur communiqué que le débat sur l’utilisation de l’IA en création littéraire est vaste, complexe et nuancé, et qu’il ne se réglera pas en quelques jours ni en quelques semaines. Les balises qui encadreront ces pratiques se construiront au fil du temps, avec l’ensemble des acteurs du milieu.

Au-delà du livre et du débat qu’il suscite, il y a un être humain. Nous condamnons sans réserve les messages haineux et les attaques personnelles des derniers jours, et appelons chacun à faire preuve de retenue.

Avenir incertain à La Presse, présence annulée au Salon du livre de l’Estrie

En entrevue avec Patrick Masbourian à l’émission Tout un matin jeudi, le vice-président et éditeur adjoint de La Presse, François Cardinal, a affirmé que le plagiat était une ligne rouge qu’on ne franchit pas et que c’était tolérance zéro pour le plagiat à La Presse.

Questionné à savoir si Thélyson Orélien faisait maintenant partie de la liste noire des collaborateurs potentiels du journal, M. Cardinal ne s’est pas avancé. On n’en est pas encore à se poser cette question-là, parce qu’on est plus à regarder le passé pour l’instant, a-t-il expliqué.

Rappelons également que le Salon du livre de l’Estrie a annoncé jeudi qu’il annulait la participation de Thélyson Orélien à l’événement et qu’il lui retirait son titre d’invité d’honneur ».

DOCUMENT — Exclusif / « Je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine » : Thélyson Orélien se défend d’avoir utilisé l’IA pour écrire « C’était ça ou mourir »

Par Rachid Laïreche & Gilles DHers (AFP). Journal Libération, Paris, 22/09/2026. 

Auprès de « Libération », l’écrivain canado-haïtien réagit aux accusations portées depuis lundi 21 septembre contre son roman, prix Fnac et nommé au Goncourt. Il affirme aussi subir « de nombreuses attaques racistes ».

C’est la polémique de la rentrée littéraire. L‘écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a-t-il utilisé l’IA pour écrire son roman, C’était ça ou mourir, l’un des succès de la rentrée littéraire, en lice pour plusieurs prix ? L’accusation a été lancée lundi par le compte X « Balance ton Claude », jusqu’alors confidentiel qui a affirmé que le roman avait été « presque intégralement » écrit par intelligence artificielle. En exclusivité auprès de Libé, le romancier se défend : « J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. »

Il développe : « Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes. Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes ». De quoi induire en erreur le logiciel américain de détection Pangram, que le compte « Balance ton Claude » dit avoir utilisé pour analyser – par IA – le texte de l’œuvre ? «Je pense que le logiciel est habitué aux traditions littéraires françaises et aux auteurs classiques », nous dit l’écrivain de 38 ans.

Lundi 21 septembre sur X, le compte « Balance ton Claude » (une référence à Claude, le modèle d’IA de l’entreprise américaine Anthropic) publie une capture d’écran d’une analyse de l’ouvrage par Pangram, un outil de détection automatique de l’intelligence artificielle. Verdict : «100 % IA.»

Ce détecteur de texte d’origine artificielle est développé par une start-up new-yorkaise, qui se targue d’avoir un des outils les plus efficaces du marché, avec le taux de faux positifs (texte humain considéré à tort d’avoir été écrit par IA) le plus faible (moins d’un dixième de pourcent). Au-delà de cette promesse marketing, l’outil a été plusieurs fois évalué par des équipes de recherche indépendantes, qui confirment largement les estimations du concepteur. Les performances sont particulièrement élevées pour sa version 4, notamment pour les textes en langue anglaise, explique CheckNews. C’est une nouveauté : jusqu’à présent, la détection automatique des textes écrits par IA était notoirement peu fiable. Les éditeurs ne disposaient donc d’aucun outil technique pour vérifier son utilisation par les auteurs.

« Je ne suis pas triste mais en colère »

C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien fait partie des ouvrages de la rentrée littéraire de Grasset qui a été préparée par le PDG Olivier Nora avant qu’il ne soit limogé en avril par la direction d’Hachette, le premier éditeur français, dans l’orbite du milliardaire Vincent Bolloré.

Les accusations de « Balance ton Claude » ont été portées lundi, le jour où Thélyson Orélien a reçu le prix Fnac du meilleur roman. Il figure également dans la liste des meilleures ventes ainsi que dans les sélections des principaux prix littéraires, dont le Goncourt, le Médicis et le Femina. « Depuis mon arrivée récente en France, je subis de nombreuses attaques racistes, qui ne viennent pas des lecteurs mais de personnes extérieures qui cherchent à nuire. Je n’y prêtais aucune attention. Mais je ne m’attendais pas à des attaques de ce genre. Je ne suis pas triste mais en colère. Je suis en train de constituer un dossier avec mes éditeurs en France et au Québec pour prouver ce que je dis.»

La maison d’édition Grasset a réagi ce mardi, en condamnant « fermement tout propos malveillant » qui « blesse affreusement l’écrivain au parcours exceptionnel ». Boréal, la maison d’édition de Montréal à l’origine de la publication du roman au printemps au Canada, a déclaré à l’AFP avoir « pris connaissance des allégations » et ne pas les « prendre à la légère ». « La confiance de l’équipe des éditions du Boréal envers le travail de Thélyson Orélien demeure entière », a réagi la direction. De son côté, Pangram, le logiciel américain que « Balance ton Claude » dit avoir utilisé pour détecter l’IA, n’a pas commenté ces accusations.

DOCUMENT — Article du journal montréalais La Presse daté du 23 septembre 2026 : « Thélyson Oréien rattrapé par un passé de plagiaire ».

Par Charles-Éric Blais-Poulin & Ulysse Bergeron. Équipe d’enquête, La Presse.

« De nombreux textes attribués au romancier Thélyson Orélien de 2012 à 2014 et publiés dans différents médias québécois et français sont en tous points semblables à des publications ou des œuvres existantes d’autres auteurs, a constaté La Presse.

Une nouvelle publiée sous son nom et ayant remporté un prix du public de la « zone écriture » de Radio-Canada en 2012 emprunte certains passages au livre Le matin des magiciens (1960), de l’auteur français Louis Pauwels. L’outil de détection Pangram, qui permet de repérer des passages concordants entre différentes œuvres, identifie dans Où va le monde de M. Orélien au moins quatre phrases identiques à celles de l’œuvre phare du réalisme magique.

Quatre passages qui apparaissent textuellement dans les deux ouvrages :

  • « Je suis d’une grande maladresse manuelle et le déplore. Je serais meilleur si mes mains savaient travailler. »
  • « Mon père avait souligné au crayon rouge, une longue phrase qui est toujours demeurée dans ma mémoire : “Même l’époque accablée est digne de respect, car elle est l’œuvre, non des hommes, mais de l’humanité, donc de la nature créatrice, qui peut être dure, mais n’est jamais absurde. Si l’époque que nous vivons est dure, nous avons d’autant plus le devoir de l’aimer.” »
  • « C’est l’ouvrage de Rathenau que je me mis à relier, non sans peine. »
  • « C’était une âme puissante, un esprit réellement messager. »

Des comptes sur X, dont celui du docteur en philosophie Thibaut Giraud, avaient signalé ces cas de plagiat allégué avant que La Presse ne compare Où va le monde, dans les archives du site web de Radio-Canada, et une version numérique du livre Le matin des magiciens.

« Tout ce que j’ai raconté est une évidence. Il n’y a même pas de pieux mensonges, c’était mon atmosphère familiale », soulignait M. Orélien dans une entrevue à Radio-Canada en marge de son couronnement. « Remporter le prix du public signifie tout simplement que je n’écris pas seulement pour ma joie solitaire. Qu’il y a du monde qui se retrouve dans ce que je dis et qui s’intéresse à ce que j’écris. Je suis tellement content de ça. »

  • D’autres exemples de plagiat allégué ont fait l’objet de publications au cours des dernières heures sur les réseaux sociaux, s’ajoutant à une déferlante d’accusations à l’encontre de l’auteur quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans son roman C’était ça ou mourir, en lice pour de nombreux prix prestigieux.

M. Orélien n’avait pas répondu à nos demandes d’entrevue au moment où ces lignes étaient écrites.

Des exemples parmi tant d’autres

« Vouloir être des héros, cela fait aussi partie de notre condition humaine. » C’est ainsi que s’amorce un texte d’opinion de Thélyson Orélien paru dans La Presse le 28 février 2013 sous le titre « Ne mettons pas nos héros sur un piédestal ». L’auteur se présentait alors comme un rédacteur pigiste de Montréal.

À propos des icônes sportives, M. Orélien écrit : « Ces superstars appartiennent à un groupe sélect encore plus restreint – le groupe de ceux qui, parce qu’ils ont bravé des difficultés sportives apparemment insurmontables, deviennent encore plus célèbres et plus admirés à des raisons qui transcendent leurs sports respectifs. On peut citer : Tiger Woods, Lance Armstrong et Oscar Pistorius. »

Dans un texte mis à jour le 23 février 2013, soit cinq jours avant, le chroniqueur Andy Bautista, du quotidien de Manille The Philippine Star, écrit : « And then there are those super athletes who belong to an even more select group – those who, because they have hurdled seemingly insurmountable difficulties, become even more famous and admired for reasons which transcend their sport. Tiger Woods, Lance Armstrong, Oscar Pistorius. »

Traduction de l’outil Google : « Et puis, il y a ces super-athlètes qui appartiennent à un cercle encore plus restreint : ceux qui, pour avoir surmonté des obstacles apparemment insurmontables, jouissent d’une notoriété et d’une admiration accrues, pour des raisons qui transcendent leur discipline. Tiger Woods, Lance Armstrong, Oscar Pistorius. »

La quasi-totalité du texte d’opinion paru dans La Presse en 2013 est une traduction légèrement remaniée d’un texte de M. Bautista, qui tenait une chronique dans le journal philippin de 2009 à 2015, avons-nous constaté. M. Orélien a ensuite repris ces mêmes lignes en octobre 2023 dans une chronique du réseau Mondoblog de Radio France Internationale.

Un exemple parmi de nombreuses comparaisons exposées ces dernières heures sur les réseaux sociaux et que La Presse a vérifiées une à une pour s’assurer de leur chronologie et de leur authenticité.

« Nos doutes sur la démarche de Thélyson Orélien quant à son recours à l’IA ont mené à la découverte de plagiat », a déclaré l’éditeur adjoint de La Presse, François Cardinal.

  • À une époque où le public est inondé de faux, notre rigueur quotidienne dans la vérification de l’information est notre plus grande responsabilité. Cette tromperie est décevante et inexcusable. —François Cardinal, éditeur adjoint de La Presse

Pour leur part, les Éditions du Boréal ont refusé d’accorder une entrevue à ce sujet. Dans un communiqué, l’éditeur assure prendre « très au sérieux » les allégations au sujet de Thélyson Orélien « tant pour l’auteur que pour ses lecteurs et pour la confiance qui unit une maison d’édition à son public ».

Il assure par ailleurs avoir appliqué un « processus éditorial exigeant et rigoureux » dans le cas de C’était ça ou mourir, sans toutefois répondre aux allégations de plagiat visant l’auteur dans d’autres textes.

« Nous continuons de déployer tous les efforts nécessaires, avec l’auteur comme à l’interne, afin de faire toute la lumière sur les allégations selon lesquelles l’auteur aurait eu recours à l’IA générative pour écrire C’était ça ou mourir », écrit l’éditeur.

D’AUTRES EXEMPLES

1. La República

« Les États-Unis font preuve d’une attitude collective de non-conformité. » À l’instar des paragraphes qui suivent, Thélyson Orélien reprend pour ainsi dire mot pour mot l’analyse d’un affrontement politique au Sénat rédigée par l’ex-ministre colombien des Finances Rodrigo Botero Montoya, publiée quelques jours plus tôt dans le quotidien La República.

La fatigue sur les responsabilités mondiales est également notée en matière économique. Il y a aujourd’hui un soutien moins politique à des entités comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

 –« La contradiction américaine », Thélyson Orélien, Médiapart, publié le 10 novembre 2014.

@ Lisez « La contradiction américaine »

La fatigue des responsabilités globales est également observée en matière économique. Nous avons moins de responsabilité politique envers des entités telles que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce.

 Traduction Google de « El Descontento de la superpotencia », de Rodrigo Botero Montoya, publié le 8 octobre 2014 dans La República 

@ Lisez « El Descontento de la superpotencia »

2. HuffPost Québec  

Thélyson Orélien a été blogueur pour le HuffPost Québec. Dans l’une de ses publications, il reprend en substance les réflexions et les phrases de l’artiste et auteur danois Pablo Saborío comprises dans un court essai publié six ans plus tôt sur le blogue Beyond Language.

Tout ce que nous rencontrons dans un état actuel peut être expliqué ou compris par son état ancien que les lois physiques impliquaient. Si cette croyance doit être adoptée à fond, si rien ne peut l’échapper, alors tout ce que nous vivons dans le présent a une cause directe dans le passé.

 « Sommes-nous aussi libres que nous le pensons ? », Thélyson Orélien, HuffPost Québec, publié le 1er juin 2014.

@ Lisez « Sommes-nous aussi libres que nous le pensons ? »

Tout ce que nous rencontrons dans un état présent peut s’expliquer ou se comprendre par son état antérieur et les lois naturelles en jeu. Si l’on adopte pleinement cette conviction – si rien ne peut échapper à la causalité –, alors tout ce que nous vivons trouve une cause directe dans le passé.

 Traduction Google de « The Problem of Free Will », de Pablo Saborío, publié le 21 décembre 2008 sur le blogue Beyond Language 

@ Lisez « The Problem of Free Wiil »

3. The Hindu

Peu de temps après la publication d’une analyse sur la démission du pape Benoît XVI de l’équipe éditoriale dans le quotidien indien The Hindu, Thélyson Orélien reprend celle-ci – à quelques mots près – dans son blogue sur le réseau Monboblog de RFI.

Les cardinaux étaient tous dans la Cité du Vatican le 11 février dernier, ils ont pensé qu’ils allaient se réunir dans la salle du Consistoire afin d’entendre parler de canonisations imminentes ; au contraire, ils ont été abasourdis par l’annonce du pape Benoît XVI à propos de sa démission à la papauté à partir du 28 février.

 « Le prochain pape devrait être plus jeune », Thélyson Orélien, réseau Mondoblog de Radio France Internationale (RFI), publié le 15 février 2013.

@ Lisez « Le prochain pape devrait être plus jeune »

Les cardinaux présents au Vatican le 11 février pensaient se réunir dans la Salle du Consistoire pour entendre parler de prochaines canonisations ; ils furent au contraire stupéfaits par l’annonce du pape Benoît XVI, qui faisait part de sa démission de la papauté, effective le 28 février à 20 heures.

 Traduction Google de « Awaiting the white smoke », de l’équipe éditoriale de The Hindu. (À noter : la date de publication originale est le 14 février 2013.)

@ Lisez « Awaiting the white smoke ».

DOCUMENT – Le roman « C’était ça ou mourir » de Thélison Orélien retiré de la sélection pour le prix Goncourt. Journal Le Devoir, Montréal, 25 septembre 2026.

L’Académie argue que son rôle consiste « à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes ».

L’Académie Goncourt a annoncé vendredi qu’elle retirait le roman de l’auteur canado-haïtien Thélyson Orélien de sa sélection pour le prix Goncourt en raison des accusations de plagiats et d’utilisation de l’intelligence artificielle le visant.

Cette décision « est dictée par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », explique dans un communiqué transmis à l’AFP l’Académie, qui avait placé le roman C’était ça ou mourir dans sa première sélection pour le prestigieux prix décerné le 4 novembre.

Pour justifier ce choix, l’Académie met en avant les « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés, ainsi que du résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que C’était ça ou mourir est selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ».

« Il s’agit d’envoyer un message clair » pour « affirmer que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA », ajoute-t-elle. 

L’Académie, présidée par l’écrivain Philippe Claudel, rendra publique sa deuxième liste le 6 octobre.

C’était ça ou mourir, publié initialement au Québec puis en France en août, est l’un des best-sellers de la rentrée littéraire. Il a obtenu lundi le prix du roman Fnac et fait partie des sélections des principaux prix de l’automne, dont ceux du Fémina et du Médicis.

L’n des accusateurs d’Orélien se dévoile

Après plusieurs jours de mystère, le voile a été partiellement levé sur le compte X anonyme « Balance ton Claude », qui a accusé lundi Thélyson Orélien d’avoir « presque intégralement » écrit son livre C’était ça ou mourir avec une intelligence artificielle.

L’essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, a reconnu vendredi sur X faire partie de ce « projet collectif », dont les autres acteurs n’ont pas révélé leur identité à ce stade.

Il a expliqué avoir agi en défense de la littérature. « Pourtant plutôt techno-optimiste, je redoute qu’après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture », écrit-il dans un long message.

« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient », a-t-il assuré, alors que C’était ça ou mourirraconte le périple à travers 12 pays d’un professeur d’histoire-géographie qui fuit son pays englué dans la violence des gangs.

« À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui à Orélien, pensez plutôt à l’auteur qui a passé des centaines d’heures sur son manuscrit pour écrire un magnifique livre, qui aurait mérité le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu », a-t-il poursuivi.

Interrogé ces derniers jours par l’AFP sur son implication dans cette polémique, Samuel Fitoussi avait assuré à plusieurs reprises ne pas être derrière le compte qui en est à l’origine.

Aux accusations d’avoir eu recours à une IA se sont ajoutées mercredi des allégations de plagiat au Québec pour des textes publiés il y a plus de dix ans.

Cette affaire est la première liée à l’IA à secouer le monde littéraire français qui, jusqu’à présent, n’a pas établi de règles collectives face au développement très rapide de cet outil.

« Le monde de l’édition doit réagir vite, sans panique mais sans naïveté, sinon, il laissera s’installer un doute durable sur la valeur même des livres », affirme Arnaud Nourry, ancien p.-d.g. de Hachette et patron des Nouveaux Éditeurs, vendredi dans Le Parisien.

Jeudi, les éditions du Boréal, basées à Montréal, ont annoncé suspendre « les activités promotionnelles » autour du livrequ’elles ont publié au printemps, puis vendu à de nombreux éditeurs étrangers, dont Grasset en France.

Le Salon du livre de l’Estrie a également annoncé jeudi exclure de sa programmation l’auteur, indiquant « qu’il retire à M. Thélyson Orélien le titre d’invité d’honneur et l’invitation à participer aux deux activités qui figuraient à la programmation ».

En France, aucune annonce n’a été faite à ce stade sur la poursuite de la tournée de promotion de l’écrivain, qui doit se rendre dans plusieurs librairies dans les prochains jours et figure dans les premières sélections de plusieurs prix littéraires.

Il a ainsi présenté jeudi son livre devant plusieurs centaines de personnes, qui l’ont applaudi, au festival du livre de Manosque. Visiblement fatigué, le romancier a indiqué à l’AFP qu’il était « prêt à (s’)exprimer quand tout sera calme ». « Parce que maintenant, il y a quand même cette volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire », a-t-il ajouté. »

L’ÉTHIQUE COMME CONDITION DE POSSIBILITÉ DU LITTÉRAIRE : PISTES DE RÉFLEXION

L’éthique occupe aujourd’hui une place centrale dans le champ littéraire, non seulement comme principe régulateur, mais comme enjeu de légitimité. Les transformations technologiques, la circulation accélérée des textes, la porosité entre sphères médiatiques et littéraires, ainsi que l’émergence de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’écriture ont profondément modifié les attentes envers les auteurs, les éditeurs et le public. La littérature, entendue comme espace de création, de transmission et de responsabilité, se trouve désormais confrontée à des exigences nouvelles et/ou à une actualisation d’exigences antérieures : authenticité, transparence, respect des sources, probité intellectuelle, responsabilité éditoriale, fiabilité des médiations.

Cette problématique n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1960, Roland Barthes soulignait que l’auteur est une « fonction » (Barthes, La mort de l’auteur, Aspen, 1967), c’est‑à‑dire un lieu de projection de valeurs, d’attentes et de normes. Mais dans le contexte contemporain, cette fonction se trouve redéfinie par des impératifs éthiques renforcés. La littérature n’est plus seulement un espace esthétique : elle devient un espace de responsabilité, où chaque acteur doit répondre de ses pratiques.

I. Les exigences éthiques du côté des auteurs

1. Authenticité et probité : la responsabilité première

L’exigence fondamentale qui pèse sur les auteurs est celle de l’authenticité. Elle se décline en plusieurs dimensions :

  • authenticité de la voix ;
  • authenticité du processus créatif ;
  • authenticité des sources ;
  • authenticité de la signature.

Dans le champ littéraire, l’auteur est tenu de garantir que son œuvre est le produit d’un travail personnel, même lorsque celui‑ci s’inscrit dans des pratiques collaboratives ou assistées (relecteurs, ateliers, outils numériques). L’éthique impose une probité intellectuelle, qui exclut le plagiat, la falsification, la dissimulation de sources ou l’appropriation indue de matériaux textuels.

Les travaux de Michel Schneider (L’auteur, la mort, 1995) montrent que la figure de l’auteur est indissociable d’une exigence de responsabilité : l’auteur est celui qui répond de son texte. Cette responsabilité est aujourd’hui mise à l’épreuve par les technologies d’écriture automatisée, qui brouillent les frontières entre création humaine et production algorithmique.

2. Le plagiat : une transgression majeure

Le plagiat constitue la violation éthique la plus grave dans le champ littéraire. Il ne s’agit pas seulement d’une faute juridique, mais d’une rupture du pacte de confiance entre l’auteur et le lecteur. Comme le rappelle Antoine Compagnon (La seconde main, Éditions du Seuil, 1979), la littérature est un espace de réécriture, mais cette réécriture doit être assumée, citée, contextualisée.

Les affaires contemporaines — de Q. D. Leclerc à H. M. Enright, en passant par les controverses récentes autour de l’usage de l’IA — montrent que le plagiat n’est plus seulement une question de reproduction textuelle : il peut être structurel, stylistique, narratif, ou même idéationnel. Les outils numériques permettent de détecter des similitudes invisibles auparavant, ce qui renforce les exigences éthiques envers les auteurs.

3. L’intelligence artificielle : un défi inédit

L’arrivée de l’IA dans les pratiques d’écriture introduit une tension nouvelle : comment garantir l’authenticité d’un texte lorsque des outils génératifs peuvent produire des passages entiers, imiter des styles, recomposer des sources ?

Les auteurs sont désormais confrontés à une exigence de transparence :

  • préciser l’usage de l’IA ;
  • distinguer ce qui relève de l’assistance et ce qui relève de la création ;
  • assumer les choix méthodologiques.

Les réflexions de Kate Crawford (Atlas of AI, 2021) et de Matthew Kirschenbaum (Track Changes, 2016) montrent que l’IA n’est pas neutre : elle porte des biais, des modèles, des corpus. L’éthique impose donc aux auteurs de ne pas masquer l’usage de ces outils et de ne pas se prévaloir d’une originalité qui serait en réalité algorithmique.

II. Les exigences éthiques du côté des éditeurs

1. La responsabilité éditoriale : garantir la qualité et la probité

Les éditeurs occupent une position centrale dans la chaîne littéraire. Leur responsabilité éthique se décline en trois axes :

  • vérification (des sources, des citations, des emprunts) ;
  • accompagnement (des auteurs, des pratiques d’écriture) ;
  • transparence (sur les processus éditoriaux).

Les maisons d’édition sont tenues de garantir que les œuvres qu’elles publient respectent les normes de probité intellectuelle. Cela implique des procédures de contrôle, parfois des outils de détection de similitudes textuelles, mais aussi une vigilance accrue dans les cas où les auteurs utilisent des technologies d’écriture automatisée.

2. Le rôle de gatekeeper : entre liberté et régulation

L’éditeur est un gatekeeper, un régulateur du champ littéraire. Cette fonction, analysée par Pierre Bourdieu (Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire). Éditions du Seuil, 1992), implique une responsabilité éthique : sélectionner, accompagner, publier, mais aussi refuser lorsque les œuvres ne respectent pas les normes de qualité ou d’intégrité.

Les éditeurs doivent arbitrer entre :

  • la liberté de création ;
  • la protection du public ;
  • la crédibilité de la maison ;
  • la responsabilité culturelle.

Dans un contexte où les scandales de plagiat ou d’usage dissimulé de l’IA peuvent nuire à la réputation d’une maison, l’exigence éthique devient un impératif stratégique.

3. L’éditeur face à l’IA : nouvelles obligations

Les éditeurs doivent désormais :

  • demander aux auteurs de déclarer l’usage de l’IA ;
  • vérifier les passages suspects ;
  • établir des chartes éthiques ;
  • former les équipes à la détection des dérives.

Certaines maisons ont déjà publié des lignes directrices (Penguin Random House, 2024 ; Hachette Livre, 2025) précisant que l’usage de l’IA doit être déclaré, encadré et transparent.

III. Les exigences éthiques du côté du public

1. Le public comme instance de légitimation

Le public n’est pas un acteur passif : il est une instance de légitimation. Ses attentes éthiques influencent les pratiques des auteurs et des éditeurs. Le lecteur contemporain exige :

  • de la transparence ;
  • de l’authenticité ;
  • de la cohérence ;
  • de la responsabilité.

Les travaux de Hans Robert Jauss (Pour une esthétique de la réception, Éditions Gallimard, 1978) montrent que le public construit la valeur des œuvres. Aujourd’hui, cette construction passe par une évaluation éthique : un auteur perçu comme frauduleux perd sa légitimité, même si son œuvre est esthétiquement réussie.

2. La confiance comme fondement du pacte littéraire

Le pacte littéraire repose sur la confiance. Le lecteur doit pouvoir croire que :

  • l’auteur est sincère ;
  • l’éditeur est rigoureux ;
  • le texte est authentique.

Les scandales de plagiat ou d’usage dissimulé de l’IA brisent cette confiance. Ils produisent une contamination éthique : un doute généralisé qui affecte l’ensemble du champ littéraire.

3. Le public face à l’IA : entre fascination et inquiétude

Le public est partagé entre :

  • fascination pour les possibilités de l’IA ;
  • inquiétude quant à la perte d’authenticité ;
  • suspicion envers les auteurs ;
  • exigence de transparence.

Synthèse conclusive : vers une éthique partagée du littéraire

L’éthique dans le champ littéraire n’est pas un supplément moral : elle est une condition de possibilité de la littérature. Auteurs, éditeurs et publics sont engagés dans un pacte de responsabilité qui garantit la légitimité des œuvres. Les transformations technologiques, notamment l’IA, renforcent ces exigences et imposent une redéfinition des pratiques.

L’éthique littéraire contemporaine repose sur trois principes :

  • transparence (déclarer, assumer, contextualiser) ;
  • probité (respect des sources, absence de plagiat, authenticité) ;
  • responsabilité (répondre de ses choix, de ses outils, de ses méthodes).

La littérature demeure un espace de liberté, mais cette liberté est indissociable d’une responsabilité partagée. L’avenir du littéraire dépend de la capacité des acteurs à construire une éthique commune, adaptée aux défis du XXIᵉ siècle.

IDENTITÉ, DISCOURS IDENTITAIRES ET DÉRIVES IDENTITARISTES : QUELQUES REPÈRES…

Le linguiste martiniquais Jean Bernabé, dans La dérive identitariste (L’Harmattan, 2016), déconstruit les idéologies de l’identité figée en montrant qu’elles reposent sur une essentialisation du social. Le linguiste américain Noam Chomsky, dans Manufacturing Consent (Pantheon Books, 1988), analyse les mécanismes discursifs qui produisent un consensus artificiel au sein des sociétés libérales. Le philosophe et romancier martiniquais Édouard Glissant, dans Poétique de la Relation (Gallimard, 1990), propose une conception dynamique, ouverte et non‑essentialiste de l’identité fondée sur la créolisation.

Bernabé montre que l’identitarisme fonctionne comme une construction discursive qui naturalise des catégories historiques. Chomsky démontre que les médias produisent des récits qui orientent la perception du réel et fabriquent l’adhésion politique. Glissant, lui, valorise les discours de la Relation, qui refusent la clôture identitaire et ouvrent l’espace à la pluralité.

Bernabé critique l’essentialisation des identités culturelles, qu’il considère comme une dérive idéologique dangereuse. Chomsky, sans travailler directement sur l’identité, critique les récits qui naturalisent les rapports de domination. Glissant oppose à l’essentialisme une identité en mouvement, imprévisible, fondée sur l’opacité et la relation.

Chez Bernabé, l’identitarisme est un instrument de pouvoir qui sert à légitimer des politiques d’exclusion. Chez Chomsky, la manipulation est systémique : elle résulte de la structure économique des médias. Chez Glissant, le pouvoir se manifeste dans les récits qui imposent une identité unique au détriment des identités relationnelles.

Bernabé appelle à une identité ouverte, non figée. Chomsky appelle à une vigilance critique face aux récits dominants. Glissant propose une poétique de l’ouverture radicale, où l’identité se construit dans l’échange et la rencontre.

Bernabé déconstruit l’identitarisme comme idéologie de clôture ; Chomsky dévoile les mécanismes discursifs qui fabriquent le consentement ; Glissant propose une alternative fondée sur la Relation. Ensemble, ils permettent de penser l’identité, le discours et le pouvoir comme des processus dynamiques, non naturels, toujours à interroger.

Conclusion – Tableau comparatif Bernabé – Chomsky – Glissant

AuteurOrientation théoriqueObjet centralMéthodologieConcepts clésChamp d’impact
Jean BernabéLinguistique, sémiologie, critique de l’idéologieDérives identitaristes, essentialisation du socialAnalyse du discours, sémiologie critiqueIdentitarisme, clôture identitaire, dérive idéologiquePolitiques culturelles, débats identitaires contemporains
Noam ChomskyLinguistique générative, critique politiqueFabrication du consentement, manipulation médiatiqueAnalyse des médias, critique systémiqueConsentement manufacturé, propagande, pouvoir discursifMédias, démocratie, opinion publique
Édouard GlissantPoétique, philosophie, anthropologie culturelleIdentité relationnelle, créolisationPoétique de la Relation, analyse culturelleRelation, opacité, créolisationPensée postcoloniale, théorie de l’identité, littérature

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