Quelle grandeur à sourire aux flashs de l’étranger pendant que le pays s’effondre ?
Quelle grandeur sous les flashs étrangers,
Quand chez soi l’on ne peut plus voyager ?
Costumes, sommets, poignées de main,
Pendant qu’Haïti perd son chemin.
Ils parlent de paix, de sécurité,
Avec l’aplomb de l’impunité.
Un sommet, une mission, un avion,
Per diem encaissé, puis déclaration.
Ils mentent comme ils respirent,
Promettent sans jamais construire.
Routes coupées, familles déplacées,
Mais devant les caméras : tout va avancer.
Quelle gloire à gouverner l’abandon ?
À régner sans ordre, sans protection ?
Quelle fierté à parler de souveraineté,
Quand l’État lui-même semble déserté ?
Ils voyagent, le peuple s’exile.
Ils sourient, le pays vacille.
Ils collectionnent sommets et avions,
Haïti, les deuils et les abandons.
Puis s’éteindront les projecteurs,
Les discours, les titres, les honneurs.
Restera, nue, cette vérité :
quelle grandeur à régner sur un pays brisé ?

