Port-au-Prince — La diplomate Martha Désulmé, intervenant sur Radio Kiskeya, a vivement critiqué le processus électoral engagé sous le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Elle a refusé de parler d’« élections », préférant qualifier le processus de « sélection ».
Mme Désulmé s’est dite étonnée qu’un gouvernement de transition dispose, selon elle, de son propre parti et de ses propres candidats pour participer à des élections qu’il entend lui-même organiser. Elle a qualifié cette situation de « ridicule » et estime que le Conseil électoral provisoire a perdu son autonomie institutionnelle.
La diplomate a particulièrement insisté sur le retour d’Uder Antoine à la Direction générale du CEP. Elle a rappelé qu’après avoir été rejeté puis révoqué, celui-ci est revenu prendre ses fonctions avec, selon ses propres mots, « un Blanc assis à ses côtés ».
Pour Martha Désulmé, cette image traduit la nouvelle orientation du Conseil électoral. Elle estime qu’Uder Antoine est revenu au CEP pour y représenter les intérêts du pouvoir d’Alix Didier Fils-Aimé et considère, à partir de cette séquence, que l’institution électorale est désormais « aux ordres de l’Exécutif ».
À ses yeux, le retour d’Uder Antoine ne constitue donc pas un simple changement administratif. Il marque, selon son analyse, une rupture dans l’indépendance du CEP et confirme sa thèse selon laquelle le processus annoncé pour le 13 décembre s’apparente davantage à une sélection politique qu’à une compétition électorale indépendante.


