NEW YORK — Près de 15 000 personnes ont été tuées en Haïti depuis le début de 2024, a déclaré la France devant le Conseil de sécurité des Nations unies, appelant à une intensification de la réponse internationale face à l’expansion des groupes armés. « Cette situation dure depuis beaucoup trop longtemps », a déclaré Jay Dharmadhikari, chargé d’affaires de la Mission permanente française auprès de l’ONU, citant le récent massacre de Kenscoff comme illustration de la capacité des gangs à conduire des attaques de grande ampleur.
Selon le diplomate français, le nombre de personnes déplacées a progressé de plus de 325 %, tandis que plus de la moitié de la population nécessite une assistance humanitaire. Derrière ces statistiques, a-t-il insisté, se trouvent également des femmes victimes de violences sexuelles ainsi que des enfants « enlevés, recrutés et sacrifiés » par les groupes criminels.
Paris estime que la stratégie internationale déjà adoptée doit désormais produire des résultats. « La voie à suivre n’est pas de changer de stratégie », a affirmé Dharmadhikari, mais « d’intensifier nos efforts » pour l’appliquer. La France soutient le déploiement de la force chargée de combattre les gangs, tout en reconnaissant que celle-ci n’a pas encore été pleinement déployée ni obtenu les résultats attendus.
La France réclame parallèlement un durcissement des sanctions internationales contre les réseaux qui alimentent les groupes armés. À l’approche du renouvellement du régime de sanctions en octobre, Paris souhaite entraver davantage les flux d’armes et les circuits financiers. « Les sanctions doivent être étendues aux personnes qui apportent un soutien politique ou financier aux gangs criminels », a déclaré le représentant français.
La réponse sécuritaire ne saurait cependant suffire, selon Paris. La France appelle au renforcement de la Police nationale d’Haïti, des Forces armées, de la justice et des mécanismes de lutte contre l’impunité. Elle soutient également les travaux du BINUH et se dit disposée à examiner les propositions du secrétaire général de l’ONU concernant le désarmement, le démantèlement et la réintégration des groupes armés.
Les autorités haïtiennes demeurent, selon Dharmadhikari, responsables de l’achèvement de la transition politique par « la tenue d’élections crédibles ». « La solidarité de la communauté internationale est réelle », a-t-il conclu, appelant désormais à la « transformer en résultats tangibles sur le terrain » afin de permettre à la population haïtienne de construire « un avenir différent ».
Source : CTN News — déclarations de la Mission permanente de la France auprès des Nations unies devant le Conseil de sécurité.

