MIREBALAIS, 26 août 2026 — La traditionnelle fête patronale de Saint-Louis Roi de France, célébrée le 25 août à Mirebalais, s’est déroulée cette année loin de l’affluence qui faisait autrefois de ce rendez-vous religieux et culturel un temps fort de la ville, notamment pour les Mirebalaisiens établis dans la diaspora. Les festivités sont intervenues dans une cité largement désertée par ses habitants depuis la progression des groupes armés et la désorganisation durable de la vie locale.
Selon des informations recueillies localement, des membres de groupes armés ont eux-mêmes animé plusieurs secteurs de Mirebalais, déployant des haut-parleurs à forte puissance, diffusant de la musique et organisant des réjouissances au cours desquelles boissons et danses se sont succédé. Il n’a toutefois pas été possible d’établir si la traditionnelle messe patronale a été célébrée dans l’église catholique de la ville. Un précédent comparable avait déjà été documenté en août 2025, lorsque des membres de Viv Ansanm avaient annoncé publiquement leur participation aux festivités patronales.
Cette présence armée tranche avec les annonces faites à la fin de juillet. Le 26 juillet 2026, la brigade d’autodéfense Back-Up Feray avait déposé les armes à la suite d’une entente présentée comme susceptible de favoriser le retrait des hommes armés et le retour progressif des habitants. Selon plusieurs sources locales citées par la presse, les groupes concernés devaient quitter la zone dans les jours suivants.
Près d’un mois plus tard, cette normalisation demeure largement théorique. Les groupes armés paraissent conserver une capacité de contrôle et d’occupation de l’espace urbain, au point d’y organiser des festivités publiques. Aucune opération policière ou militaire d’envergure, ni intervention des forces publiques liée à ces rassemblements, n’a été rapportée dans les informations disponibles. La scène prend une dimension plus saisissante encore en intervenant à peine vingt-quatre heures après le carnage de Kenscoff : tandis qu’une autre commune pleurait plusieurs dizaines de morts, Mirebalais célébrait Saint-Louis sous la présence visible des armes.

