Appel des forces politiques et sociales de l’Opposition progressiste à la résistance
Haïti agonise sous les coups de boutoir d’un système rétrograde à bout de souffle. L’effondrement de l’autorité publique, la généralisation de l’insécurité, la corruption systémique, la perte de confiance envers les institutions et l’impasse politique plongent la Nation dans une situation où la démocratie est menacée dans son existence même.
Face à cette réalité, l’Opposition progressiste refuse de cautionner un processus destiné à reproduire les causes de la crise au lieu de les résoudre.
Ainsi, nous lançons aujourd’hui un appel solennel à la constitution d’un Front du Refus, non comme une alliance circonstancielle, mais comme un mouvement patriotique visant à défendre la souveraineté populaire, restaurer l’État de droit et de créer les conditions politiques, institutionnelles, sécuritaires indispensables à l’organisation d’élections libres, inclusives, transparentes et crédibles.
Notre combat repose sur trois refus fondamentaux :
Premier refus
Refus d’un pouvoir illégitime, discrédité et incapable de restaurer l’autorité de l’État
Nous refusons qu’un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique, miné par les accusations de corruption, marqué par une gouvernance opaque et incapable de protéger la population puisse organiser des élections destinées à désigner ses propres successeurs. Aucun processus électoral ne peut être crédible lorsque son principal organisateur est lui-même contesté par une large partie de la société.
Un gouvernement qui ne contrôle ni le territoire, ni la sécurité des citoyens, ni le fonctionnement normal des institutions ne possède ni l’autorité politique ni la crédibilité morale nécessaires pour conduire le pays vers des élections libres, honnêtes et transparentes. La démocratie ne peut être reconstruite par ceux qui ont contribué à son affaiblissement.
Deuxième refus
Refus de l’hypocrisie internationale et de l’instrumentalisation de l’insécurité
Nous refusons le double discours d’une partie de la communauté internationale qui reconnaît publiquement la gravité de l’effondrement sécuritaire tout en continuant à promouvoir un calendrier électoral déconnecté des réalités vécues par le peuple haïtien.
Nous refusons également que l’insécurité soit utilisée comme un instrument de contrôle politique, économique ou géostratégique par des réseaux d’intérêts criminels qui tirent profit de l’instabilité chronique du pays.
L’insécurité n’est pas seulement une tragédie nationale ; elle est devenue un facteur de manipulation politique permettant de réduire les espaces démocratiques, d’affaiblir les institutions républicaines et d’imposer des solutions qui ne répondent ni aux aspirations du peuple haïtien ni aux exigences de la souveraineté nationale.
Aucune démocratie durable ne peut naître de la peur, de la violence ou de la résignation.
Troisième refus
Refus du cercle vicieux électoral et d’un décret taillé au profit des clans du pouvoir
Nous refusons un décret électoral conçu sans consensus national et susceptible de favoriser les intérêts des groupes déjà installés au pouvoir. Les élections ne doivent pas servir à recycler les mêmes élites responsables de l’impasse actuelle ni à donner une apparence de légitimité à un système profondément discrédité.
De plus, un cadre électoral imposé unilatéralement, sans garanties institutionnelles, sans sécurité, sans administration électorale véritablement indépendante et sans confiance populaire ne peut produire qu’une nouvelle crise de légitimité.
Haïti ne peut sortir de la crise en répétant les mêmes méthodes qui l’ont produite.
Notre engagement
Le Front du Refus ne constitue pas un refus de la démocratie.
Il est au contraire un engagement en faveur d’une démocratie fondée sur la légitimité, la transparence, la sécurité, la participation citoyenne et le respect de la souveraineté nationale.
Nous appelons toutes les forces progressistes, les organisations politiques, les syndicats, les mouvements sociaux, les organisations de jeunesse, les organisations de femmes, les universitaires, les acteurs économiques patriotes ainsi que la diaspora à construire un large front de refus capable de mettre fin à cette transition politique qui pendant cinq ans résiste dans la violence et dans la mauvaise gouvernance.
Notre objectif n’est pas d’empêcher les élections.
Notre objectif est de créer les conditions permettant enfin l’organisation d’élections véritablement libres, inclusives, crédibles et démocratiques, afin que le peuple haïtien puisse exercer pleinement sa souveraineté.
Le temps est venu de choisir entre la perpétuation du chaos ou le rétablissement de l’ordre constitutionnel et institutionnel dans le pays.
Au niveau de l’opposition progressiste nous faisons le choix de la démocratie, de la souveraineté nationale et de l’intérêt supérieur de la Nation.
Fait à Pétion-ville, août 2026
Pour l’opposition Progressiste : Jonas Coffy, Dieuseul Simon Desras, Annibal Coffy
Delson Cius, Me Jeantel Joseph, Ing. Saint Armand Délissaint, Me Francisco Alcide,
Me Marc-Arthur Mésidor, Ing. Jonas Jean-Felix

