Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes poursuit ses consultations avec les responsables religieux autour des enjeux liés à la paix, à la cohésion sociale et à l’avenir de la jeunesse haïtienne. La deuxième phase de la Conférence nationale des leaders religieux s’est déroulée ce vendredi à Caracol, dans le Nord-Est, sous le thème : « Construisons la paix, créons l’espoir et sauvons la jeunesse ».
Réunis autour des représentants du gouvernement et des autorités locales, des responsables religieux issus de plusieurs départements du Grand Nord ont participé à des échanges consacrés aux défis auxquels le pays est confronté. La sécurité, la stabilité, le civisme, l’inclusion sociale, l’engagement citoyen et l’accompagnement de la jeunesse ont notamment été au centre des discussions.
Prenant la parole à cette occasion, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a défendu une approche fondée sur le dialogue et la concertation. Elle estime que la sortie de crise nécessite l’implication des différentes composantes de la société, notamment des institutions religieuses qui entretiennent des liens étroits avec les communautés.
Miser sur le dialogue et la cohésion
Pour Raina Forbin, les responsables religieux disposent d’un rôle important à jouer dans la reconstruction du lien social et le rétablissement de la confiance. La ministre a ainsi encouragé les différentes confessions à dépasser leurs divergences et à mettre en avant les valeurs susceptibles de favoriser le rapprochement entre les citoyens.
« Nous avons besoin de dialogue au lieu de division, de confiance au lieu de méfiance et de solidarité au lieu d’indifférence », a-t-elle déclaré, appelant les acteurs religieux à contribuer aux efforts en faveur de la paix et de la cohésion nationale.
Des responsables religieux ayant pris part à la rencontre ont, de leur côté, considéré cette initiative comme une occasion de renforcer la concertation entre les différents secteurs de la société. Ils ont notamment souligné l’importance d’une mobilisation collective pour accompagner les efforts en faveur de la stabilité et du développement.
Cette rencontre s’inscrit dans une démarche initiée plusieurs mois auparavant par le ministère. Raina Forbin a rappelé qu’une première présentation du projet de Conférence nationale des leaders religieux avait été effectuée en avril au Cap-Haïtien. Les représentants religieux du Grand Nord avaient ensuite exprimé le souhait de poursuivre les échanges dans la région.
« Kòm Minis Kilt, mwen vle travay men nan men ak sektè a. Chak fwa nou di lonè, m ap reponn respè ! », a affirmé la ministre, invitant les responsables religieux à maintenir un espace de dialogue ouvert et constructif.
Vers une modernisation des services aux institutions religieuses
La rencontre de Caracol a également servi de cadre à l’enregistrement de plusieurs responsables et institutions religieuses auprès de la Direction générale des Cultes. Cette procédure s’inscrit dans une initiative du ministère visant à améliorer l’organisation administrative du secteur et à faciliter les démarches des communautés religieuses.
Le nouveau dispositif prévoit notamment la possibilité pour les responsables concernés d’effectuer certaines demandes auprès du ministère par voie numérique. La ministre a présenté aux journalistes les principales étapes de cette procédure, tout en évoquant les difficultés auxquelles peuvent être confrontées certaines communautés dans les différents départements.
L’objectif affiché est de simplifier les relations entre les institutions religieuses et l’administration publique, tout en rapprochant les services du ministère des communautés concernées.
La jeunesse et les prochaines échéances au cœur des préoccupations
Au-delà des questions administratives, Raina Forbin a insisté sur les priorités nationales liées à la sécurité, à la paix et aux perspectives offertes à la jeunesse. Selon la ministre, le rétablissement d’un climat stable demeure indispensable à la relance de l’activité économique, aux investissements, à la création d’emplois et au renforcement de la justice sociale.
Elle a également invité les leaders religieux à s’impliquer dans les prochaines échéances électorales, en particulier dans la promotion du civisme, de la responsabilité citoyenne et du respect des principes démocratiques.
« Aucun effort national ne pourra réussir pleinement sans votre engagement », a-t-elle lancé devant les participants.
À l’issue de cette deuxième phase de la Conférence nationale des leaders religieux, le ministère des Affaires étrangères et des Cultes entend maintenir cette dynamique de concertation avec les communautés religieuses du Grand Nord. Pour Raina Forbin, leur influence au sein de la société peut être mise à contribution dans la recherche de solutions favorisant la paix et la stabilité.
« Les leaders religieux, nou se yon fòs nan peyi a ! Nou gen responsabilite pou nou travay men nan men ak Leta a pou nou chanje eskanp figi peyi a », a conclu la ministre, réaffirmant la volonté de son ministère de poursuivre un partenariat avec le secteur religieux autour de la paix, de la fraternité et de la responsabilité collective.
Gislène Guerrier




