31 juillet 2026
Haïti : REHMONCO dénonce les attaques contre le RNDDH
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Haïti : REHMONCO dénonce les attaques contre le RNDDH

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (REHMONCO)

Le REHMONCO renouvelle son soutien solidaire aux organisations de la société civile qui accompagnent la lutte légitime du peuple haïtien pour l’avènement de la justice. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) figure au premier rang de ces rares institutions qui, au cours des dernières décennies, ont documenté avec rigueur les violations systématiques des droits civils et politiques de la population. Dans un contexte actuel marqué par la violence à grande échelle des gangs armés, le RNDDH a courageusement répertorié de nombreux massacres perpétrés dans les quartiers populaires et s’est engagé activement dans des campagnes exigeant que justice soit rendue à des milliers de victimes.

Alors que les réclamations citoyennes s’amoncellent, le gouvernement s’enfonce dans la tergiversation ou dans un silence assourdissant. Ce mutisme volontaire d’État ne lèse pas uniquement les victimes des quartiers populaires; il paralyse l’ensemble de l’appareil judiciaire, comme en témoigne le dossier de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, embourbé dans les méandres bureaucratiques depuis plus de cinq ans.

C’est précisément dans ce contexte de déliquescence institutionnelle que, le 19 mai 2026, le juge d’instruction Cyprien Jean F. Denis Pierre a émis une ordonnance surprenante, donnant l’ordre de perquisitionner les bureaux du RNDDH ainsi que la résidence de son coordonnateur exécutif, M. Pierre Espérance. Étonnamment, cet acte, qui viole les normes juridiques, est renforcé par un lynchage médiatique féroce, une violente diffamation à l’encontre de l’organisation, orchestrée sur les réseaux sociaux.

Le REHMONCO reconnaît la prérogative de tout magistrat instructeur de mener des enquêtes sérieuses afin de faire jaillir la vérité dans les dossiers judiciaire. À l’instar des principales organisations de défense des droits humains, le REHMONCO exige de manière constante l’arrestation et le jugement des auteurs d’actes criminels dans le pays. Toutefois, il est profondément consterné de constater qu’après plusieurs années, de multiples accusés dans le dossier du magnicide de Jovenel Moïse n’ont toujours fait l’objet d’aucune condamnation par la justice haïtienne. Certains ont impunément utilisé l’espace numérique pour plaider leur cause et se substituer à la justice, tandis que d’autres ont été gratifiés de postes au sein de la diplomatie. Ce constat accablant s’applique également à de nombreux autres dossiers de crimes de sang et de délits financiers qui pourrissent délibérément dans les tiroirs de l’oubli.

Cette inertie met en exergue une absence flagrante de volonté politique de rendre justice en Haïti. Dès lors, il est légitime de se demander si le harcèlement judiciaire ciblant le RNDDH ne constitue pas une tentative flagrante de mettre sous le tapis l’affaire Jovenel Moïse.

Face à cette intimidation, cette tentative de harcèlement de faire taire toute voix luttant pour la justice en Haïti, le REHMONCO apporte son soutien total au RNDDH, à son coordonnateur exécutif, M. Pierre Espérance, ainsi qu’à l’ensemble de ses collaborateurs en cette période de turbulences. Il dénonce et condamne avec la plus grande fermeté les assauts répétés visant à annihiler cette voix essentielle de la société civile haïtienne. Le travail d’investigation et de documentation des crimes de sang et de corruption mené par les défenseurs des droits humains dérange les secteurs les plus obscurs et réactionnaires du pays. Hier, les régimes militaires ont tout mis en œuvre pour museler le secteur des droits humains, une tentative qui a échoué grâce à la mobilisation des masses haïtiennes éprises de justice et luttant pour instituer un État de droit dans le pays. Les gouvernements Lavalas n’ont pas réussi non plus à faire taire ces vigies. Aujourd’hui, c’est une coalition hybride réunissant les néoduvaliéristes du PHTK et les lavalassiens qui s’acharne contre certaines organisations du secteur des droits humains.

Le REHMONCO lance un appel pressant à la solidarité de tous les secteurs progressistes, tant nationaux qu’internationaux, pour défendre le droit inaliénable des organisations de droits humains en Haïti contre l’arbitraire, les intimidations et l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire.

Pour authentification,

Renel Exentus,

Frank W. Joseph

Montréal, le 30 juillet 2026

Contact: rehmoncohaiti1915@gmail.com     

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