23 juillet 2026
Port-au-Prince | Henry Wooster renvoie le dossier Martelly à la justice haïtienne et juge « impossible » d’éliminer totalement le trafic d’armes
Actualités

Port-au-Prince | Henry Wooster renvoie le dossier Martelly à la justice haïtienne et juge « impossible » d’éliminer totalement le trafic d’armes

PORT-AU-PRINCE, 23 juillet 2026 (Rezo Nòdwès) — Interrogé sur le retour en Haïti de l’ancien président Michel Joseph Martelly, sanctionné en 2024 par les États-Unis pour son implication présumée dans le trafic de stupéfiants et le soutien à des réseaux criminels, le chargé d’affaires américain Henry Wooster a évité toute prise de position sur les conséquences judiciaires que pourrait entraîner sa présence dans le pays. Lors de sa conférence de presse d’adieu, le diplomate a renvoyé la question aux autorités haïtiennes, rappelant que l’application des sanctions pénales relève exclusivement des juridictions compétentes.

« Je ne suis ni avocat ni juge, et je n’ai aucun contrôle sur les mesures que l’État haïtien ou son système judiciaire décideront de prendre à l’égard de M. Martelly », a déclaré M. Wooster. Il a expliqué qu’aux États-Unis, les sanctions administratives ou financières sont distinctes d’une procédure pénale et qu’une privation de liberté ne peut intervenir qu’après qu’un tribunal a établi la culpabilité d’un accusé « au-delà de tout doute raisonnable ».

Cette réponse, prudente sur le plan juridique, n’apporte aucune indication sur les éventuelles conséquences migratoires ou judiciaires des sanctions américaines visant l’ancien chef de l’État. Le diplomate s’est abstenu de préciser si Michel Martelly pourrait retourner aux États-Unis ou si d’autres restrictions, non rendues publiques, seraient susceptibles de s’appliquer.

Interrogé également sur le rapport des Nations unies indiquant que plus de 90 % des armes et munitions utilisées par les groupes armés en Haïti proviendraient des États-Unis, Henry Wooster a reconnu l’ampleur du défi. Il a toutefois estimé qu’une élimination complète du trafic d’armes demeure irréaliste.

« Nous ne visons pas à éliminer totalement le trafic d’armes, parce que cela est littéralement impossible. Notre objectif est de le réduire de manière considérable », a-t-il affirmé.

Le chargé d’affaires a rappelé que le Deuxième amendement de la Constitution américaine autorise les citoyens légalement admissibles à acquérir des armes à feu, ce qui complique les efforts de contrôle. Il a également évoqué le volume considérable du commerce maritime, rendant impossible l’inspection systématique de tous les navires et de chaque conteneur expédié vers la région.

Selon Henry Wooster, les autorités américaines renforcent leur coopération avec les services de police et les garde-côtes afin d’augmenter les interceptions d’armes destinées aux organisations criminelles. Il a toutefois reconnu que les trafiquants utilisent plusieurs itinéraires, notamment les voies maritimes et les frontières terrestres, ce qui limite l’efficacité d’un contrôle absolu.

Ces déclarations constituent l’une des premières reconnaissances publiques, par un haut représentant américain en poste en Haïti, que l’objectif poursuivi par Washington n’est pas l’éradication totale du trafic d’armes vers Haïti, mais sa réduction progressive grâce à une coopération accrue entre les autorités américaines et haïtiennes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.