16 juillet 2026
Expiration du TPS | Fils-Aimé juge les expulsions inopportunes, Ménard évoque de « bonnes conditions d’accueil » pour les Haïtiens à l’étranger
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Expiration du TPS | Fils-Aimé juge les expulsions inopportunes, Ménard évoque de « bonnes conditions d’accueil » pour les Haïtiens à l’étranger

Expiration du TPS | Alix Didier Fils-Aimé averti : Washington annonce au moins deux vols hebdomadaires de déportation vers Haïti

CAP-HAITIEN, 16 juillet 2026 — Le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, et le ministre de la Culture et de la Communication, Emmanuel Ménard, ont tenu des discours parallèles sur l’expiration prochaine du Statut de protection temporaire accordé à plus de 300 000 ressortissants haïtiens aux États-Unis, sans toutefois faire état d’un résultat diplomatique susceptible de suspendre les expulsions.

Interrogé par le Miami Herald, Alix Didier Fils-Aimé a reconnu le caractère temporaire du programme, tout en contestant le moment choisi par l’administration américaine pour y mettre fin. « Nous comprenons que c’est temporaire. Mais le “T” signifie aussi le moment opportun. Ce n’est pas le moment de renvoyer ces personnes », a déclaré le chef du gouvernement de doublure.

Sa prise de position intervient après l’arrivée, jeudi 16 juillet, de plus d’une centaine de ressortissants haïtiens expulsés des États-Unis à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Le vol affrété par l’Agence américaine de l’immigration et des douanes, lCE, avait quitté Alexandria, en Louisiane, avant d’effectuer une escale à Miami.

Selon le Miami Herald, les autorités américaines ont averti le gouvernement en place qu’après l’expiration du TPS, prévue le 24 juillet, au moins deux avions pourraient transporter chaque semaine environ 200 personnes vers Haïti. Cette cadence représenterait plusieurs centaines de retours forcés hebdomadaires vers un pays où les capacités d’accueil et de réinsertion sont déjà fortement réduites.

Emmanuel Ménard affirme, de son côté, que « la diplomatie haïtienne s’est déjà mise en branle » et que les démarches se poursuivent auprès des instances concernées afin de négocier « le meilleur en faveur de nos compatriotes ». Le ministre, dans cet entretien exclusif, a également soutenu que les autorités ne restaient pas inactives face aux menaces pesant sur les bénéficiaires du TPS. Ménard n’a cependant pas jusqu’à présent précisé la nature des garanties demandées à Washington ni les engagements éventuellement obtenus.

Le vol du 16 juillet a atterri le jour même où les Nations unies confirmaient la mort d’au moins 61 personnes, dont 14 enfants, au cours de nouvelles attaques dans les hauteurs de Kenscoff. Les violences ont également provoqué le déplacement de plusieurs milliers d’habitants et la destruction de maisons ainsi que d’infrastructures de télécommunication.

Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés affirme qu’Haïti peine déjà à accompagner environ 20 000 personnes expulsées chaque mois de la République dominicaine. Selon sa coordinatrice, Katia Bonté, le pays n’est pas préparé à recevoir les nouveaux déportés annoncés par Washington.

Plus de 1,47 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur d’Haïti à la fin de mai, selon l’Organisation internationale pour les migrations. La moitié de la population éprouve également des difficultés à accéder à une alimentation suffisante, tandis que les écoles, les hôpitaux et les infrastructures publiques demeurent soumis à de fortes tensions.

Dans cette conjoncture, les propos du Premier ministre sur l’inopportunité des expulsions et ceux de son ministre sur les démarches diplomatiques traduisent davantage une inquiétude qu’un acquis. Ni la prolongation du TPS ni la suspension des vols n’ont été annoncées, tandis que Washington prépare déjà l’augmentation des retours forcés.

cba

source: Miami Herald

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