13 juillet 2026
Port-au-Prince : une grève de chauffeurs perturbe le premier jour des examens du Bac
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Port-au-Prince : une grève de chauffeurs perturbe le premier jour des examens du Bac

Le premier jour des épreuves du baccalauréat 2026 a été marqué, ce lundi 13 juillet, par un mouvement de grève de chauffeurs de tap-tap et de minibus dans plusieurs secteurs de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Selon des témoignages recueillis, les circuits de Pétion-Ville reliant Fermathe et Thomassin ont été paralysés dès les premières heures de la matinée. Le dysfonctionnement a ensuite gagné Delmas 31, Delmas 32, Delmas 95, Delmas 103, Bourdon, Juvénat et la rue Dalencourt, où des véhicules ont été immobilisés et des passagers invités à descendre.

Carburant en baisse, tarifs inchangés
Le mouvement serait lié à l’absence d’harmonisation entre les prix du carburant et ceux des circuits. Depuis la forte hausse d’avril, le gouvernement a procédé à des baisses successives des prix à la pompe, d’abord à la mi-juin, puis au début de juillet sur recommandation du Conseil consultatif du 3 juillet. Les chauffeurs, eux, refusent de ramener les tarifs des courses à leur niveau antérieur. Deux jours avant les épreuves, la Centrale Unifiée des Travailleurs et Travailleuses du Secteur Public et Privé d’Haïti (CUTRASEPH) dénonçait déjà le fait que les prix du transport en commun n’avaient pas diminué malgré la détente sur les carburants.

Le front des chauffeurs n’est toutefois pas uni. À Pèlerin, où la route a été bloquée une partie de la matinée avant l’intervention de la police, des conducteurs de tap-tap ont refusé d’entrer dans la logique de grève, estimant que les élèves ne devaient pas subir les conséquences de cette décision. L’ironie n’a pas échappé aux usagers : certains des véhicules à l’arrêt sont d’anciens bus Dignité, mis en circulation à l’origine pour transporter gratuitement les écoliers.

Des candidats pris au piège
Les conséquences sont lourdes pour les 118 090 candidats attendus à travers le pays pour ces épreuves prévues du 13 au 16 juillet. Sans véhicule privé, beaucoup ont dû rebrousser chemin ou payer le prix fort. Plusieurs taxi-motos ont profité de l’aubaine pour transporter candidats et autres passagers, sillonnant parfois la route à toute vitesse et augmentant au passage leurs tarifs habituels. Selon certains passagers, une course en moto pour rejoindre un centre d’examen a pu coûter jusqu’à 1 000 gourdes. À cette épreuve logistique s’ajoute un problème récurrent : des réponses présumées circulaient déjà sur WhatsApp dans la matinée, relançant la question de la fraude aux examens d’État.

Ni le ministère de l’Éducation nationale, ni la police, ni les syndicats de chauffeurs n’avaient réagi officiellement au moment de mettre sous presse. L’étendue exacte du mouvement et son évolution dans les prochains jours restent à confirmer.

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