10 juillet 2026
Haïti | Marchand-Dessalines privé d’hôpital, les gangs « Kokorat sans Ras » avaient transformé l’établissement en sanctuaire pour leurs blessés
Actualités Corruption Pages d'Histoire d'Haiti Société

Haïti | Marchand-Dessalines privé d’hôpital, les gangs « Kokorat sans Ras » avaient transformé l’établissement en sanctuaire pour leurs blessés

MARCHAND-DESSALINES, 9 juillet 2026 — L’hôpital public de Marchand-Dessalines demeure hors service, tandis que le centre de santé administré par une communauté religieuse a également suspendu ses activités. Selon des informations relayées par plusieurs médias de la capitale, des membres du gang « Kokorat » avaient progressivement imposé leur présence dans l’établissement, jusqu’à en faire un lieu de repli pour leurs hommes blessés lors d’affrontements avec la police.

Des individus armés se seraient introduits dans l’enceinte hospitalière afin de contraindre les rares infirmières encore présentes à soigner leurs blessés, parfois sous la menace des armes. Cette occupation de fait aurait rendu impossible le maintien régulier des services, exposant le personnel médical, les patients et les riverains à une insécurité permanente. Faute de protection publique, la population de Marchand-Dessalines se retrouve désormais privée d’un accès normal à une structure hospitalière de proximité.

Cette paralysie survient au moment où la Primature annonce l’envoi d’une mission médicale haïtienne au Venezuela pour assister les victimes d’un séisme. Le Dr Josué Renaud assimile cette initiative à une opération de communication et évoque des soupçons de détournement de fonds, tandis que l’État ne parvient pas à sécuriser ses propres établissements sanitaires. À Port-au-Prince également, plusieurs hôpitaux publics et privés ferment successivement sous l’effet de l’insécurité, de la pénurie de ressources et de la détérioration des conditions de fonctionnement.

Pour sa part, le diplomate Pierre Antoine Louis rappelle la solidarité historique et sans équivoque du Venezuela envers Haïti, notamment à travers le programme PetroCaribe. Il s’interroge toutefois sur la capacité réelle du pays à mobiliser des médecins à l’étranger au moment où l’Artibonite perd ses centres de soins et où les médicaments, le matériel médical et les autres intrants sanitaires viennent à manquer dans de nombreux établissements.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.