Le bilan du double séisme qui a frappé le Venezuela mercredi continue de s’alourdir. Le ministre vénézuélien de la Santé, Carlos Alvarado, a annoncé jeudi soir que 235 personnes ont perdu la vie, contre 188 précédemment, tandis que les opérations de recherche se poursuivent dans les zones les plus dévastées.
La catastrophe est provoquée par deux puissantes secousses de magnitude 7,2 et 7,5, survenues à seulement 39 secondes d’intervalle. Selon le Service géologique des États-Unis (USGS), il s’agit du plus violent séisme enregistré au Venezuela depuis 1900.
La Guaira et Caracas parmi les zones les plus touchées
La région de La Guaira, au nord de Caracas, concentre l’essentiel des destructions. À Catia la Mar, plusieurs immeubles se sont totalement effondrés, piégeant encore de nombreuses personnes sous les décombres. Des habitants, souvent dépourvus de matériel adapté, tentent eux-mêmes de secourir leurs proches.
À Caracas, les secours poursuivent les fouilles tandis que de nombreux habitants passent une seconde nuit hors de leur domicile, craignant de nouvelles répliques. Les coupures d’électricité persistent dans plusieurs secteurs et les autorités ont interrompu l’alimentation en gaz afin de prévenir d’éventuelles explosions.
Une mobilisation internationale d’envergure
Face à l’ampleur de la catastrophe, la communauté internationale accélère son assistance.
Les États-Unis ont annoncé une aide d’urgence de 150 millions de dollars, accompagnée du déploiement de secouristes spécialisés, de deux navires militaires, d’avions et d’hélicoptères destinés à soutenir les opérations de sauvetage.
L’ONU a indiqué que ses équipes étaient pleinement mobilisées. Le chef des affaires humanitaires, Tom Fletcher, a estimé qu’un « effort collectif massif » serait nécessaire pour répondre à cette catastrophe, rappelant que près de huit millions de Vénézuéliens avaient déjà besoin d’une aide humanitaire avant les séismes.
La Chine, l’Inde, plusieurs pays de l’Union européenne, de nombreux États d’Amérique latine ainsi que l’Iran ont également proposé l’envoi d’équipes de secours, de matériel médical et d’une assistance humanitaire.
Infrastructures gravement endommagées
L’aéroport international de Maiquetía, principal point d’entrée aérien du pays, demeure fermé en raison d’importants dommages structurels. Les autorités envisagent d’utiliser l’aéroport militaire de La Carlota, situé à Caracas, pour faciliter l’arrivée de l’aide internationale.
Des scènes de pillages ont également été signalées dans certaines zones sinistrées, notamment à Catia la Mar, compliquant davantage le travail des secours.
Une catastrophe historique
Les deux secousses ont été ressenties jusqu’en Colombie, à Bogotá, située à près de 1 000 kilomètres de l’épicentre, ainsi que dans plusieurs villes du nord du Brésil.
Avec 235 morts, ce séisme devient l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l’histoire récente du Venezuela, dépassant presque le bilan du tremblement de terre de Caracas en 1967, qui avait fait environ 236 victimes. Les autorités redoutent toutefois que le nombre de morts continue d’augmenter à mesure que les opérations de recherche progressent.

