L’Organisation des Nations unies (ONU) ne semble pas réellement vouloir la paix en Haïti. Selon de nombreux observateurs, les différentes missions déployées dans le pays n’ont pas apporté les résultats attendus en matière de sécurité, de stabilité et de développement.
Depuis des décennies, l’ONU a multiplié les interventions en Haïti. Pourtant, malgré les nombreuses conférences, réunions diplomatiques et missions internationales, la situation du pays continue de se détériorer. Beaucoup d’Haïtiens ont l’impression que ces interventions servent davantage à maintenir un système international qu’à résoudre durablement les problèmes du pays.
La récente visite du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a relancé le débat sur l’efficacité de l’action internationale en Haïti. Le peuple haïtien ne demande pas la pitié, mais le respect de sa souveraineté, le renforcement de ses forces de sécurité et le soutien à ses institutions nationales.
Haïti ne doit pas devenir un laboratoire permanent où l’on expérimente des stratégies qui ont déjà montré leurs limites. Combien de missions et de forces internationales ont été déployées dans le pays ? Quels résultats concrets ont-elles réellement produits ?
Jouer avec l’agonie d’un peuple est une faute morale grave. L’inaction, l’échec des politiques de sécurité et l’absence de solutions durables peuvent avoir des conséquences dramatiques pour des millions de personnes.
Les dirigeants haïtiens doivent faire preuve de vigilance face aux organisations internationales dont les interventions sont souvent contestées. Un changement de paradigme s’impose. Le salut d’Haïti passera avant tout par le renforcement de ses institutions, la valorisation de ses ressources humaines et l’affirmation de sa souveraineté nationale.
Enfin, certaines théories soutiennent que l’industrie internationale de la crise est devenue, pour certains acteurs, une véritable source de revenus. Selon ces critiques, l’instabilité chronique de certains pays pauvres permettrait à un réseau d’organisations, de consultants, d’entreprises de sécurité et d’intermédiaires internationaux de justifier continuellement leur présence et leurs financements. Cette perception, largement répandue dans plusieurs pays du tiers-monde, alimente la méfiance envers les interventions étrangères. Qu’elles soient fondées ou non, ces interrogations méritent d’être prises en compte. Une chose demeure certaine : le peuple haïtien aspire avant tout à la sécurité, à la dignité, au respect de sa souveraineté et à des solutions durables construites par les Haïtiens eux-mêmes pour l’avenir de leur nation.
Alceus Dilson, Juriste, Communicologue

