L’Edito du Rezo
Vertières effacé du maillot des Grenadiers : Haïti a-t-elle laissé passer une occasion de défendre son histoire devant la FIFA ? Raina Forbin,tres etrange face a cette decision pour une « ministre’!
Boston — Vertières n’est pas une décoration folklorique. C’est une pièce historique à valeur fondatrice, un acte de naissance politique devenu patrimoine universel. Le ranger dans la catégorie des messages interdits revient à prononcer, contre Haïti, une forme de censure mémorielle sous habillage réglementaire.
La FIFA peut encadrer les équipements, sanctionner une propagande partisane, interdire les slogans électoraux. Mais elle ne peut, sans créer un précédent contestable, traiter un monument national et mondial comme une infraction disciplinaire. Vertières ne milite pour aucun candidat. Vertières témoigne d’une victoire contre l’esclavage colonial.
Le silence d’Alix Didier Fils-Aimé devient alors accablant. Envoyé, selon la Primature, pour soutenir les Grenadiers, il avait l’obligation morale et institutionnelle d’exiger une clarification, de contester l’interprétation, de défendre l’égalité de traitement et de rappeler que l’histoire d’un peuple ne se plaide pas à genoux.
Cette affaire touche à la dignité nationale. Un dirigeant qui applaudit en tribune pendant qu’on retire à son pays un symbole fondateur ne soutient pas les Grenadiers : il accompagne leur visibilité en amputant leur mémoire. C’est une faute de représentation.
Vertières dérange parce qu’il rappelle une vérité que le monde colonial n’a jamais totalement digérée : des esclaves ont vaincu, fondé une République noire indépendante et imposé à l’histoire une autre définition de l’humanité.
Vertières 1803 n’est pas un message politique. C’est une preuve historique, la premiere page de l’histoire d’Haiti avec ses hauts faits, n’en déplaisent les nostalgiques de l’esclavage. L’effacer du maillot, c’est insulter la mémoire haïtienne sous prétexte de règlement.

