Un géant de papier, de pâte à modeler,
Se croit maître du vent, du droit, de la cité ;
Mais qu’un seul coup de fil traverse son empire,
Et ses genoux fléchissent avant même de mentir.
Port-au-Prince — Dans une lettre datée du jeudi 4 juin 2026, Jacques Desrosiers, président du Conseil Electoral Provisoire, affirme avoir été informé par le secrétaire général de la Primature de la décision d’installer, le 5 juin, un Directeur général à la tête du CEP. Il rappelle que l’institution « s’est toujours opposée » à cette nomination, au nom de son indépendance institutionnelle.
Le ton demeure diplomatique, mais le message frappe comme un désaveu : la Primature tente de forcer la main à l’organe électoral. Derrière l’autorité proclamée d’Alix Didier Fils-Aimé se dessine l’image d’un géant de papier et de pâte à modeler et de marionette, contesté par un CEP qui réclame une rencontre pour éviter l’affrontement avec le gouvernement. Dans un pays déjà enlisé dans une crise politique et constitutionnelle profonde, ce nouveau front autour du contrôle de l’appareil électoral interroge la capacité réelle du pouvoir de doublure à prétendre organiser le retour à l’ordre démocratique.
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
Conseil Électoral Provisoire
Bureau du Président
Pétion-Ville, le 04 juin 2026
Réf. : CEP/PJ/D/034-526
Monsieur Alix Didier FILS-AIMÉ
Premier Ministre
Primature de la République d’Haïti
En ses bureaux
Monsieur le Premier ministre,
Le mercredi 3 juin 2026, aux environs de huit heures du soir, j’ai reçu un appel du Secrétaire général de la Primature m’informant de votre décision d’installer, le vendredi 5 juin 2026, un Directeur général au Conseil électoral provisoire (CEP).
Au regard du principe d’indépendance institutionnelle, le CEP s’est toujours opposé à la nomination et à l’installation d’un Directeur général à la tête de l’organisme électoral, tant par devant l’ancien Conseil présidentiel de transition (CPT) que par devant vous, Monsieur le Premier ministre.
Ce profond désaccord est sur le point de plonger le pays encore plus dans la crise. Il est donc de la responsabilité du CEP et du gouvernement de travailler afin d’éviter d’enfoncer davantage le pays. Le Conseil électoral provisoire croit qu’il est encore possible.
À cet effet, au nom du Conseil électoral provisoire, je sollicite une rencontre entre le CEP et vous pour discuter de nos points de désaccord.
Par cette démarche, je veux éviter toute confrontation entre le CEP et le gouvernement qui ne serait aucunement bénéfique pour la Nation.
Espérant qu’une réponse célère et positive sera accordée à cette demande, recevez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments patriotiques.
Jacques Desrosiers
Président
72, rue Stephen Archer, Pétion-Ville, Haïti


