Au terme de trois journées du forum «Kafou», les initiateurs regroupés au sein des Assises du dialogue inter-haïtien se sont convenus d’engager des discussions afin de trouver une solution menée par des haïtiens pour résoudre la crise liée au départ du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Plusieurs participants au Forum dénoncent la gouvernance politique imposée par la communauté internationale au départ du CPT, le 7 février 2026. Le «monstre bicéphale» symbolisé par la confiscation du pouvoir par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé doit être caduc, de l’avis de l’avocat Sonel Saint-Louis. Il préconise le retour du bicephalisme via la Cour de cassation pour viser la neutralité et une gouvernance politique consensuelle.
Plus de 40 années de crise, de coups d’État et du règne de la corruption à grande échelle, dresse Me Romuald Petit. Ce dernier rappelle qu’après le 7 juin 2026, la légitimité du pouvoir sera plus que compromise. En ce sens, un président issu d’un accord et un premier ministre de consensus pour organiser des élections restent l’option idéale. Tous les acteurs sont invités à se converger vers une solution inclusive.
Dans le cadre du forum «Kafou» organisé pour le compte des Assises du dialogue inter-hatien, initiative portée par le CPT, les intervenants ont dressé un constat déprimant de la réalité socio-économique du pays. L’ancien député Price Cyprien dénonce l’abandon de la Constitution et l’anarchie qui s’errige en normes. Il prône le retour à la légalité par un consensus politique et un exécutif renforcé (Président et vice-président).
Entre le 28 et 30 mai, par visioconférence, sans la participation de l’ancien premier ministre Denzil Douglas, les participants s’accordent sur la nécessité de changer le cap. Un nouvel accord politique entre des acteurs crédibles pour réorganiser les institutions et initier les compétitions électorales est inévitable. Le forum est résolument tourné vers un «contrat haitien» pour rompre le cycle de la crise sociopolitique et institué l’avènement d’une gouvernance responsable.
Hervé Noël

