12 mai 2026
La surveillance des examens d’État en Haïti : un scandale national
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La surveillance des examens d’État en Haïti : un scandale national

La surveillance des examens officiels en Haïti constitue, depuis plusieurs décennies, une préoccupation majeure pour les acteurs du système éducatif conscient des problèmes qui en découlent. Désormais, les enseignants, les étudiants en sciences de l’éducation ainsi que les finissants des écoles normales ne sont presque plus recrutés pour assurer cette responsabilité.

Les postes de surveillants et de superviseurs etc. sont souvent attribués à des militants affiliés à des partis politiques. La situation ne serait pas aussi grave si les personnes recrutées possédaient les qualifications requises. Or, dans bien des cas, il s’agit d’individus sans lecture ni écriture, dépourvus des compétences nécessaires pour exercer une activité aussi noble et sensible que la surveillance des examens d’État.


Dès lors, un vaste réseau de corruption s’installe dans les salles d’examen en Haïti : les candidats trichent au vu et au su de tous ; des copies provenant de l’extérieur pénètrent dans les centres d’examen avec la complicité de certains représentants du Ministère de l’Éducation nationale, en échange de quelques sous.

Les jeunes filles qui éprouvent des difficultés à réussir les épreuves officielles se retrouvent parfois dans une situation de vulnérabilité extrême, où la réussite scolaire semble conditionnée par des formes de négociation scandaleuses. En l’absence de ressources financières leur permettant de corrompre certains agents de surveillance, ou en raison même de leur apparence physique, elles peuvent être exposées à des pratiques de chantage sexuel.

Ainsi, l’espace éducatif, qui devrait être un lieu de promotion du mérite, de l’éthique et de l’égalité des chances, se transforme pour certaines en un terrain d’abus et de prédation. 

Il est temps de mettre fin à ces pratiques qui discréditent le système éducatif haïtien. Il est impératif que la surveillance des examens d’État soit confiée à un personnel qualifié, notamment aux enseignants ainsi qu’aux étudiants des facultés des sciences de l’éducation.
Le ministre Vijonet Déméro doit impérativement se pencher sur cette question. Déjà, en 1997-1998, le ministre Paul Antoine Bien-Aimé avait tenté d’apporter des réponses à ce problème, mais les initiatives engagées n’ont malheureusement pas été poursuivies par ses successeurs.

Les syndicats d’enseignants, les associations d’écoles privées, les organisations des droits humains, les directeurs d’établissements scolaires, les professeurs et les parents doivent, ensemble, exiger une surveillance rigoureuse et crédible des examens d’État afin de promouvoir une société plus éthique, plus responsable et davantage fondée sur le mérite.

BLECK D. DESROSES
12 MAI 2026

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