Les élections au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT)
L’Union internationale des télécommunications (UIT) est l’agence spécialisée des Nations unies chargée des questions relatives aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Elle compte 194 États membres et définit les normes mondiales en matière de télécommunications, de radiocommunications, de normalisation et de développement numérique.
Le Conseil de l’UIT, composé de 48 États membres, constitue l’organe de gouvernance principal entre deux conférences de plénipotentiaires. Il supervise l’exécution des décisions, examine les programmes et le budget, et oriente les travaux de l’Union. Les membres du Conseil sont élus pour un mandat de quatre ans lors de la Conférence de plénipotentiaires (PP), qui se tient tous les quatre ans.
La prochaine conférence, PP-26, se tiendra à Doha, au Qatar, du 9 au 27 novembre 2026. Elle élira non seulement les 48 membres du Conseil (pour la période 2027-2030), mais aussi le Secrétaire général, le Secrétaire général adjoint, les directeurs des trois Bureaux (Radiocommunication, Normalisation des télécommunications et Développement des télécommunications), ainsi que les 12 membres du Conseil des règlements des radiocommunications (RRB).
Processus électoral pour le Conseil :
Les 48 sièges sont répartis par régions géographiques pour assurer une représentation équilibrée :
• Région A (Amériques) : 9 sièges
• Région B (Europe occidentale) : 8 sièges
• Région C (Europe orientale et Asie du Nord) : 5 sièges
• Région D (Afrique) : 13 sièges
• Région E (Asie et Australasie) : 13 sièges
Les candidatures doivent être soumises au Secrétaire général de l’UIT au plus tard le 12 octobre 2026. L’élection se fait par vote secret lors de la conférence. Les États qui obtiennent le plus grand nombre de voix dans leur région, dans la limite des sièges disponibles, sont élus.
La candidature de la République dominicaine
La République dominicaine a officiellement soumis sa candidature pour un siège au Conseil de l’UIT (période 2027-2030) dans la Région A (Amériques). Cette candidature a été présentée en mai 2025 par le vice-ministre des Affaires étrangères Rubén Silié et le président de l’INDOTEL (Institut dominicain des télécommunications), Guido Gómez Mazara.
Objectifs déclarés :
• Renforcer le leadership régional en matière de TIC
• Promouvoir l’innovation numérique, la connectivité universelle et la réduction de la pauvreté par le numérique
• Participer activement à la définition des normes internationales
La République dominicaine s’appuie sur son expérience au sein de la CITEL (Commission interaméricaine des télécommunications de l’OEA) et présidera le réseau REGULATEL en 2026.
Parmi les autres candidats annoncés dans la Région A figurent notamment l’Argentine, le Brésil, le Canada, Cuba, les États-Unis, le Mexique et le Paraguay. Neuf sièges sont à pourvoir.
Haïti soutiendra-t-il cette candidature ?
Aucune déclaration officielle publique de la part des autorités haïtiennes (gouvernement de transition ou ministère des Affaires étrangères) n’indique explicitement un soutien ou une opposition formelle à la candidature dominicaine à ce jour.
Cependant, plusieurs éléments contextuels suggèrent une position probablement favorable ou neutre :
• Les relations bilatérales entre Haïti et la République dominicaine connaissent un réchauffement notable en 2026. Les deux pays ont repris le dialogue diplomatique et ont promis la réouverture de l’espace aérien (vols commerciaux via Cap-Haïtien à partir de mai 2026), après une suspension de plus de deux ans liée à la crise sécuritaire haïtienne.
• La République dominicaine a apporté un soutien financier (promesses de contributions) aux efforts régionaux de lutte contre les gangs en Haïti via des mécanismes onusiens.
• Dans le cadre de forums multilatéraux techniques comme l’UIT, les votes portent souvent sur des considérations sectorielles (développement des TIC, connectivité régionale) plutôt que sur les tensions bilatérales politiques. Haïti et la République dominicaine partagent des intérêts communs en matière de développement numérique dans les Caraïbes.
Dans ce contexte de détente relative et d’intérêts régionaux partagés, il est raisonnable de penser qu’Haïti n’entravera pas la candidature dominicaine et pourrait même lui apporter son vote dans le cadre d’une logique de coopération caribéenne.
Une abstention ou un soutien discret reste toutefois possible, selon l’évolution des relations bilatérales d’ici novembre 2026.
La PP-26 à Doha représentera un moment clé pour la gouvernance mondiale des télécommunications. La candidature dominicaine s’inscrit dans une stratégie régionale affirmée, tandis que la position haïtienne s’alignera probablement sur la dynamique actuelle de normalisation des relations entre les deux voisins partageant l’île d’Hispaniola.

