24 avril 2026
Au Cap-Haïtien, une thèse éclaire les racines de la criminalité des gangs
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Au Cap-Haïtien, une thèse éclaire les racines de la criminalité des gangs

Me Delcarme Bolivard, avocat au Barreau du Cap-Haïtien et figure engagée dans les milieux académiques, a obtenu son doctorat en sciences juridiques avec une spécialisation en criminologie et lutte contre la corruption, à l’issue de la soutenance de sa thèse à l’Institut des Sciences, des Technologies et des Études Avancées d’Haïti (ISTEAH). Il assure par ailleurs la direction a.i. du programme de Master en Économie et Gestion des Collectivités Territoriales à l’Université Publique du Nord au Cap-Haïtien (UPNCH).

Portant sur les interactions entre criminalité des gangs, inégalités sociales et gouvernance en Haïti, cette recherche propose une lecture approfondie des mécanismes criminels dans un contexte de fragilité institutionnelle. Soutenue le jeudi 16 avril, elle s’inscrit dans une approche interdisciplinaire mobilisant à la fois la criminologie, le droit public et les théories de la gouvernance.

Encadré par le Dr Bruce Broomhall, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), le travail examine le rôle des inégalités et de la pauvreté structurelle dans la montée de la criminalité et l’érosion des capacités étatiques. L’étude se distingue par l’élaboration d’un cadre analytique global permettant de saisir ces phénomènes dans une perspective systémique.

L’analyse défendue met en évidence le lien étroit entre conditions socio-économiques et expansion des groupes criminels, tout en soulignant l’impact de la faiblesse des services publics. Dans certains contextes, ces groupes en viennent à assumer des fonctions de régulation au sein des communautés. La thèse propose également une évaluation critique des institutions juridiques et sécuritaires, dont les limites, en termes de couverture, d’efficacité et de légitimité, entravent les réponses traditionnelles.

Sur le plan méthodologique, l’auteur privilégie une approche qualitative, combinant analyse doctrinale, enquêtes de terrain et entretiens approfondis avec divers acteurs. Cette démarche renforce la crédibilité des résultats et permet une compréhension nuancée du phénomène étudié.

Au-delà de l’analyse, la recherche avance des pistes de solutions en faveur d’une stratégie globale de lutte contre la criminalité, intégrant à la fois des mesures sociales et sécuritaires. Elle insiste notamment sur la nécessité de réduire les inégalités, de consolider l’État de droit et de restaurer la confiance entre institutions et citoyens.

La soutenance s’est tenue devant un jury composé d’universitaires et de spécialistes issus de plusieurs institutions, qui ont salué la rigueur scientifique du travail ainsi que sa pertinence face aux défis actuels du pays.

Retransmise en direct sur diverses plateformes numériques, la séance a suscité un intérêt notable auprès d’un public issu des milieux académique et institutionnel.

Ce doctorat vient ainsi consacrer une recherche dont les implications, tant théoriques que pratiques, pourraient nourrir la réflexion et orienter l’action publique en Haïti.

Gislène Guerrier
gisleneguerrier16@gmail.com

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