17 mars 2026
Besoin de développement, dis donc : mounité
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Besoin de développement, dis donc : mounité

Le mounitisme est un rêve haïtien dans toute sa splendeur. C’est une vision axée sur la défense de ce qui est bon et juste. Cette vision est aussi, en effet, une clé argumentative capable d’assurer l’ordre des choses. Quelle grandeur d’avenir se dessine ! Quel horizon en gestation s’annonce ! Quel magnifique plaidoyer !

L’Haïtien est, même s’il évolue en cacophonie avec sa propre liberté, un être libre. Il est un être libre et existé. Un sujet social né. Donc, un être né. Tout être né doit connaître sa mounité. Cette transformation qui fait plonger la société dans une vie développée. Alors, un être existé n’est pas encore développé s’il vit loin du mounitisme.

Il faut dire aussi que le rêve est une action logique qui connecte le lieu où l’on se trouve aux résultats qu’on veut. Donc, au milieu du chemin, il y a un détachement ou un dépassement permettant de vivre le fait d’être moun.

Le fait d’être moun est totalement différent de l’existence d’un sujet social. Autrement dit, le sujet social est un existé, un être né biologiquement et socialement. Toutefois, un être moun consiste dans le dépassement d’un être existé. Être moun, alors, implique une position plurielle de croissance. Une ambition collective d’être-là, une condition culturelle et politique de vivre, une salutation d’entraide, une envie particulière de soutenir l’autre, une main dans la main qui parle en geste des bienfaits. Dans ce cas, l’être existé peut devenir moun s’il veut se débarrasser des déchets-fanatiques. Le déchet-fanatique est un regard pollué que seul l’être existé possède. Il est loin de la vie critique. Il pollue pour satisfaire sa survie. Il est indifférent dans sa propre vie dégoûtante. L’être né se trouve dans la société. Ceci est un savoir factuel. Tout le monde accepte que l’être né est un existé. Rien que ça.

Cependant, un être mounitiste (ou un mounitiste ) comprend la vie sociale après avoir accompli (réalisé) son dépassement (le dépassement est un talent obtenu après l’avoir cherché).

À quoi sert le dépassement ? Pourquoi l’être existé doit-il se dépasser ? Le mounitisme veut toujours le développement humain ou la capacité exposée de la société sur la société. Donc, le sujet social est né sans le mounitisme. Voilà pourquoi il doit l’acquérir à travers le dépassement. Le dépassement est, alors, un rendez-vous critique qui démontre logiquement que le sujet social n’est pas un être développé a priori. C’est-à-dire, si la société est une image de son capital humain; de ce fait, cette dernière doit se dépasser. Le dépassement de la société est le dépassement de chaque être né voulant être moun. Dans le cas contraire, le mounitisme ne se matérialisera pas. S’éloigner de la dépendance habillée en fanatismes ou tout simplement de la dépendance comme carence d’objectivité peut conduire la société au mont des gens capables. Ici, le mot objectivité n’est pas un calcul automatique. Donc, ce n’est pas la numérisation des standards élégants. C’est plutôt l’établissement du jeu compréhensif voulant étudier la faisabilité des choses. Voilà l’axe sur lequel le mécanisme de dépassement vit sa vie sociale mounisée.

En effet, le mounitisme ne peut, en aucun cas, s’établir sans la curiosité et l’esprit critique. Tout homme curieux cherche à connaître (découvrir) quelque chose, et l’homme curieux critique ce qu’il découvre…il invente des pourquoi afin d’embellir l’objet trouvé tout au long de sa vie sociale et politique mounisée. Voilà l’importance du dépassement.

Peut-on se dépasser pour construire ? Toute construction durable vient du dépassement de soi. C’est un élément indispensable à la croissance. C’est-à-dire, le mont est là ; et on peut seulement y parvenir par dépassement. On n’y arrivera pas en rampant car l’esprit critique marche droit et conscient. Il se libère en tuant son envie d’être protagoniste superflu ou fanatique monétisé (valeur marchande). Le développement est, alors, un talent que seules les sociétés mounitisées peuvent exploiter. En ce sens, le mounitisme te fait découvrir ton talent, après, tu deviens habile en exerçant l’esprit critique quotidiennement… d’où l’établissement de la mounité dans tous les coins de l’organisme de l’être existé. On ne peut pas être habile sans la curiosité; on peut seulement être curieux par talent, et le talentueux est en mouvement critique constamment pour embrasser le mounitisme de façon régulière.

Le mounitisme veut que l’Haïtien sache qu’il ne peut pas grandir s’il minimise son histoire ou s’il grandit en s’acculturant. Alors, toute négligence historique de l’être haïtien existé détruit directement son processus d’être moun. Sa mounité. Son mounitisme. De ce fait, il n’est pas Haïtien et il est difficile qu’il soit Haïtien mounisé. Le développement n’est pas la scandalisation d’objets importés. Le développement, en outre, c’est la rigueur du dépassement pour atteindre le mounitisme. C’est une façon haïtienne d’être libre et moun, d’être éclairé et développé pour la société. Le développement est une formule qui se tient de cette manière : l’être existé se critique pour obtenir son dépassement et découvrir son talent tout en sachant que son histoire est unique ; et il se propose comme médicament pour la guérison de son propre futur. 

Il y a aussi le mouvement singulier d’un monde moderne entendu comme « développement ». Si la copie des standards représente l’horizon à suivre, alors la mounité est loin d’être un mode de vie; c’est le sabotage. Se saboter consiste en une défiguration de l’être existé. Tout être existé défiguré ne peut, en aucun cas, connaître son talent ni se dépasser. Il ne sera jamais un habile utile au projet de développement parce qu’il n’arrive pas à se concevoir comme existé, voire comme être dépassé.

Le mounitisme n’est pas limité (ni réduit) à l’entraide comme la présentation du monde moderne soi-disant développé. Le mounitisme est pluriel et divers. Il cherche à comprendre, en évitant l’exclusion, pourquoi les êtres nés sont différents et égaux. En d’autres termes, le mounitisme croit en la construction à travers les différences. Le mounitisme comprend que la curiosité humaine est différente chez chaque être existé voulant découvrir son talent : voilà la compréhension du dépassement et l’envie d’exercer la critique comme outil de communication et d’exposition sereines.

—À suivre—

Céïde Joanel.

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