Rubio rencontre les dirigeants de la CARICOM alors que la crise cubaine et les tensions régionales dominent les discussions
BASSETERRE (Saint-Kitts-et-Nevis), 25 février 2026 — Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a entamé mercredi à Saint-Kitts-et-Nevis une série d’entretiens avec les dirigeants de la Communauté caribéenne (CARICOM) dans le cadre de la 50ᵉ réunion des chefs de gouvernement, centrés sur la crise humanitaire à Cuba, les tensions géopolitiques et les défis sécuritaires affectant les relations entre les États-Unis et les pays du bassin caribéen.
Arrivé tôt mercredi matin à l’aéroport international RLB, M. Rubio a participé à des réunions à huis clos avec les représentants des quinze États membres, visant notamment à renforcer la coopération contre les réseaux criminels transnationaux — en particulier les trafics de drogue et d’armes — et à coordonner des réponses face à l’instabilité dans diverses zones, dont Haïti.
La situation à Cuba, marquée par une aggravation des pénuries de carburant et une crise énergétique due aux restrictions américaines sur les livraisons de pétrole, a été l’un des principaux points de friction. Des dirigeants caribéens, comme le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness et le Premier ministre hôte Terrance Drew, ont exprimé leurs inquiétudes concernant les répercussions humanitaires de ces difficultés et leurs conséquences possibles sur la stabilité régionale, appelant à un dialogue constructif entre Washington et La Havane.
Sur le plan migratoire, plusieurs États insulaires ont soulevé des préoccupations au sujet des politiques américaines de rapatriement et de restrictions de visas, affectant les ressortissants caribéens et accentuant les tensions sur un dossier déjà délicat pour la CARICOM.
Les discussions ont également porté sur la stratégie américaine dans l’hémisphère occidental, dans un contexte marqué par le renforcement des opérations militaires américaines dans les Caraïbes et des actions récentes en Venezuela, incluses la capture de l’ancien président Nicolás Maduro par les forces américaines — un événement qui a ravivé les débats sur la politique de sécurité régionale.
Sur le volet haïtien, bien que les communiqués officiels n’aient pas fourni de déclaration spécifique sur le contenu des échanges, Rubio a réaffirmé la volonté de Washington de coopérer étroitement avec les pays caribéens pour contrer les gangs criminels et les menaces transnationales — une allusion implicite à la persistance de la violence armée et de l’instabilité institutionnelle à Port-au-Prince.
La crise politique haïtienne, marquée par l’absence d’élections et une gouvernance fragilisée, figure en arrière-plan des débats régionaux sur la sécurité et la coopération, même si aucun consensus clair n’a encore émergé lors du sommet.
Le sommet de la CARICOM réunit jusqu’à samedi les dirigeants des pays membres et s’inscrit dans un contexte de défis multiples pour la région — de la sécurité aux migrations en passant par les relations économiques et l’équilibre géopolitique — avec l’objectif affiché d’affirmer l’autonomie diplomatique de la Caraïbe face aux grandes puissances.


