PORT-AU-PRINCE, 23 fév. 2026 (Rezo Nòdwès) — L’ancien parlementaire d’Aquin, l’ingénieur Jean-Robert Bossé, a exprimé lundi après-midi de vives réserves à l’égard du « pacte national » présenté et publié au Moniteur, estimant que cet accord politique, le quatrième conclu depuis 2021, ne permettra pas de résoudre la crise institutionnelle que traverse le pays.
Intervenant dans un entretien accordé à Rezo Nòdwès, l’ingénieur Bossé a déclaré que, malgré les « garde-fous » intégrés au texte, l’accord n’ouvrira pas la voie à des élections crédibles. Selon lui, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’il qualifie de « gouverneur », ne serait pas en mesure d’organiser un scrutin, ce qui conduirait, d’après ses propos, à une nouvelle phase de transition politique.
L’ex-député a également critiqué l’introduction subtile d’une perspective référendaire dans le pacte national, rappelant que la Constitution de 1987 prohibe le recours au référendum pour sa révision. Il s’est interrogé sur le positionnement de certaines formations politiques signataires, citant notamment André Michel, qu’il accuse d’avoir soutenu l’accord pour des considérations personnelles.
Jean-Robert Bossé a par ailleurs évoqué la participation annoncée du chef du gouvernement au sommet de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), prévu cette semaine, estimant que ce déplacement n’apportera « rien de nouveau » à la situation nationale. À ses yeux, le pacte national, ou « pak nasyonal », viserait avant tout à consolider une légitimité politique sur la scène régionale, qui fait encore défaut à travers le pays.
L’accord, rendu public le jour même de l’entretien et publié au journal officiel Le Moniteur, marque une nouvelle tentative de compromis entre acteurs politiques, dans un contexte de transition prolongée et d’insécurité persistante, alors que le dernier rapport de Transparency International place le régime haïtien parmi les plus corrompus au monde et le plus corrompu de la Caraïbe, avec un indice de perception de la corruption établi à 16/100.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’entretien de M. Bossé accordé au journal.
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