L’autoracisme, cette autodéchéance du soi ethnique et social.
3 Février 2026
Par Camille Loty Malebranche
L’un des traits majeurs de l’autoraciste est son larbinisme dévoué envers ceux qu’il prend pour supérieurs par leur classe, leur race ou leur pays d’origine. L’autoracisme – racisme à rebours – consiste en la posture d’une ethnie ou d’une société opprimée ou stigmatisée, qui se comporte comme une « race » inférieure par essence face à ses dominateurs ou contempteurs, vivant comme par procuration du contempteur qu’elle introjecte, consacre comme maître à travers une sorte de confinement de soi dans l’autoravalement. L’autoracisme, c’est la perception du soumis volontaire, misérable laquais consentant qui veut être défini et dominé dans une posture de soumission comme une sorte de serf intellectuel, recherchant, en minus méprisable, l’approbation du « supérieur » qu’il considère tel à cause de son ethnicité étrangère, sa société de provenance, ses apparats matériels ou institutionnels, sans jamais interroger les voies historiques souvent criminelles d’acquisition desdits apparats ni même l’usage idéologique actuel qu’en fait ce dominateur que bêtement il se choisit par complexe d’infériorité. Le larbinisme civilisationnel, ce visage découvert de l’autoracisme émanation pérenne de l’autoracisme, est une composante majeure des relations nord-sud.
Le larbinisme est aussi tout rapport à soi où prime l’autofreinage venant d’une ethnie ou société. Autoracisme, rapport reptilien qui renonce à la proactivité et préfère obéir et singer par inaptitude rampante à se projeter vertical et souverain. Posture donc essentialiste d’autodénigrement ethnique qui élude, refuse l’étiologie rationnelle-scientifique historique, anthropologique, évite le questionnement des mythes fondateurs comme dispensateurs des imaginaires parfois lugubres qui hantent l’histoire de certains peuples opprimés collaborant à leur propre infériorisation volontaire, et la politique inappropriée qui inhume la société sous ses décombres d’imbécillités institutionnalisées, de méchancetés érigées en système! Et ce type de refus d’autocritique collective, qui préfère la folklorisation à la rationalité interrogeante et autocorrective pour expédier le mal, constitue donc l’autoracisme morbide, auto-annihilante qui tue les ethnies ou sociétés qui s’y suicident sans rendre compte! Refuser toute perspective d’auto-relèvement collectif par le changement du type de rapports à soi et aux autres semblables par fermeture tribaliste ou « paratribaliste », rapports à soi et au semblable, qui, seuls, pourraient changer la condition des ethnies broyées par les forces néfastes tant de l’agression exogène que de leur propres failles endogènes, c’est choisir l’autodestruction, c’est nier sa propre capacité d’affirmer son humanité collective civilisationnelle par une téléologie constructive, c’est se faire le paillasson de ses contempteurs; c’est pourquoi un autoraciste est un moins que rien, une ombre simiesque!…
Éluder le regard sur les comportements autodestructeurs à changer de manière systématique par une radicale refonte culturelle et éducative, ne fera que maintenir les ethnies historiquement victimes du racisme, de l’esclavagisme et de la paupérisation pérenne, dans leur pitoyable condition orchestrée entre autres par les puissances racistes du nord! Se délier des réflexes et praxis qui conditionnent pour l’asservissement et la déchéance, n’est que forme d’autodestruction de soi inavoué d’individus et de sociétés autohaïs, incapable de s’aimer eux-mêmes!
Ne pas se construire soi-même, vivre par procuration au rythme des figurations de cooptés de l’ordre systémique des hégémonistes nécessairement toujours plus ou moins paternalistes, est l’ultime défaitisme, le seul vrai point de non retour dans l’inaptitude à la réhabilitation de soi, s’il en est! Car en dehors de son autodéfaitisme qui est une forme d’autodéréliction, l’Homme est toujours, s’il le veut vraiment, terreau de possibilités, horizon de relèvement de soi.
L’une des faces hagardes et hideuses de l’autoracisme est la volonté d’être coopté par des nantis paternalistes ou racistes au prix de l’autofustigation, de la flagornerie autodénigreuse, du ravalement de soi au stade de paillasson idéologique des contempteurs de sa propre ethnie. Si je méprise et regarde comme sous-déchet le raciste classique, l’ethnosciocentriste ostraciste ou hégémonique ne me dit strictement rien comme tous ces miséreux mentaux, ces néants mouvants bêtement grossiers qui, méprisables, s’imaginent que le pays d’origine ou la couleur épidermique pourrait leur conférer une quelconque humanité, voire une grandeur particulière, ce qui me semble vraiment répugnant déshumanisant, c’est cette obsession autoraciste chez certaines victimes systémiques du racisme proprement dit et du racisme politique occidental, d’être cooptées par des institutions paternalistes des establishments éminemment racistes jouant de leurs institutions pour manipuler les masses du sud, cooptés idiots qui croient que leur cooptation les « glorifie » par procuration parce que propulsant les cooptés de leur ethnie ou pays par ces « sociétés supérieures », dans une sorte de plus-être! Car pour les autoracistes qui se considèrent humanité secondaire, il est une humanité prioritaire et essentielle qui a ontologiquement préséance sur la leur; et pourquoi, la pensée et la discursivité proposées par un membre émancipé de leur ethnie, n’est jamais tout à fait appréciées à moins d’être scellées par l’humanité du dessus et ses institutions!
Une autre tronche de cet autoracisme se révèle sans cesse au niveau de certains métis tels ces misérables insulaires caribéens de teint basané, qu’il convient d’appeler des « tarés schizo-ethniques », lesquels veulent être considérés comme une race supérieure aux Caraïbes et qui s’inventent en des sortes d’aryens tropicaux selon leur lumpen idéologie coloriste singeant les nazis! Colorisme de métis, blancisme nègre, délire de race répugnant et rétrograde!
Pour revenir à cette négation de soi – notamment chez les soi disant élites – pour la cooptation, elle est particulièrement minable et amenuisante car complice du contempteur ethnique qui passe par elle pour faire appliquer les pires politiques des racistes du nord! Ah! Autoracisme, misérabilisme balourd de minables manants qui ne savent que se réduire à l’infrahumanité par autodéchéance! Ignominie du vilain déshumanisé aux conséquences débilitantes!
L’autoracisme favorise l’immobilisme voire une torpeur fataliste en la plupart des membres des soi disant élites des ethnies racisées qui, au lieu de créer chez eux leurs propres structures de reconnaissance et de valorisation de soi, veulent être cooptés par des mépriseurs de leur ethnie, en pensant bêtement que cela les élève au-dessus de leur congénères. Attitude bâtée et réflexe de tribalisme, cet autre racisme qui ne dit pas son nom et qui empêche les ethnies proches de se mettre ensemble pour bâtir avec des pairs, une civilisation propre selon l’envergure de leur dignité collective. Car la différence est absolue entre la reconnaissance par des pairs de toutes ethnies ou des humains avisés de partout admirant un travail dûment intellectuel et être fait singe décoré d’un système sournoisement raciste et ostraciste qui utilise son pouvoir de cooptation assimilatrice pour en faire une argutie idéologique de pseudo-intégration, en se moquant de ses ostracisés ethniques!
À l’agression hégémonique sans merci livrée à la différence ethnique par les grands racistes civilisationnels pour qui l’essence humaine est l’ethnie et la couleur, lesquelles, si différentes, sont inférieures et méritent rabaissement et dédain hypocrite masqué de toutes sortes de fumisteries géopolitiques accoutrant les pires maltraitances économiques – car la soumission des ethnies autres se fait à travers la paupérisation – la seule bouée de sauvetage des damnés de la stigmatisation de « race », c’est de savoir se projeter eux-mêmes selon leur propre perspective et prospective du relèvement, leur propre axiologie d’élévation du soi collectif en créant leur propre rationalité collective et leur propre construction d’accomplissement ethno-sociale tout en sachant intégrer les acquis scientifiques, techniques et technologiques d’après leur propre modalité civilisationnelle. Il faut expédier ce que j’appelle « l’assingissement » cette transformation en des espèces de singes des ressortissants de pays dits exotiques, traités en humains de seconde zone, humanité inessentielle pour leur altérité ethnique, où la plupart sont réserve de travailleurs serviles sinon d’amuseurs exhibitionnistes et folkloristes faits spectacle égayant les rieurs du nord!
Nous nous arrêtons ici pour la première partie de cette étude, nous reviendrons bientôt pour la seconde partie avec des thèmes tels l’exotisme et la désignation d’exotiques appliquée aux personnes de certaines ethnies en occident.
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

