3 février 2026
Qui parle réellement au nom de la jeunesse haïtienne ?
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Qui parle réellement au nom de la jeunesse haïtienne ?

Dans l’espace public haïtien, un phénomène récurrent attire l’attention : la multiplication de groupes de jeunes s’autoproclamant « porte-parole de la jeunesse ». Chacun revendique une légitimité exclusive, au point où toute autre organisation ou dynamique juvénile est souvent disqualifiée, perçue comme incapable de porter les véritables revendications des jeunes. Cette posture soulève une question fondamentale : la jeunesse haïtienne peut-elle réellement être représentée par un seul groupe, une seule voix, une seule vision ?

La jeunesse, par essence, est plurielle. Elle est traversée par des réalités sociales, économiques, territoriales et culturelles diverses. Prétendre parler en son nom de manière exclusive relève moins d’une démarche démocratique que d’une logique de confiscation symbolique de la parole collective. Une telle prétention tend à réduire la complexité de la condition juvénile à des intérêts particuliers, souvent dictés par des ambitions politiques, médiatiques ou personnelles.

Dans ce contexte, il devient nécessaire de distinguer la représentation autoproclamée de l’engagement réel. Être au service de la jeunesse ne signifie pas parler plus fort que les autres, mais agir avec elle, pour elle, et surtout en tenant compte de sa diversité. La légitimité ne se décrète pas ; elle se construit par la cohérence entre le discours, les actions et l’impact social.

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le JCEDH (Jeunes Conscients, Engagés pour le Développement d’Haïti). Contrairement aux groupes qui revendiquent un monopole de la parole juvénile, le JCEDH ne se présente pas comme la voix unique de la jeunesse, mais comme un espace de conscience citoyenne, de formation et d’engagement collectif. Son action repose sur une approche inclusive, axée sur l’éducation civique, la réflexion critique et la participation responsable au développement national.

Le JCEDH fait le choix de l’engagement sur le long terme plutôt que de la visibilité éphémère. Il privilégie la construction d’une jeunesse capable de penser par elle-même, de dialoguer, de questionner les rapports de pouvoir et de contribuer, de manière concrète, à la transformation sociale. Cette posture tranche avec les discours souvent incantatoires de certains groupes qui confondent revendication et agitation, leadership et auto-proclamation.

Interroger les prétentions de représentation n’est pas un acte de division, mais un exercice de lucidité démocratique. La jeunesse haïtienne n’a pas besoin de sauveurs autoproclamés ; elle a besoin de cadres d’expression, de formation et d’action où sa pluralité est reconnue et respectée. En ce sens, le JCEDH apparaît moins comme un porte-parole que comme un catalyseur de conscience et d’engagement, fidèle à l’idée que le développement d’Haïti passe avant tout par une jeunesse responsable, critique et profondément ancrée dans les réalités du pays.

En définitive, parler au nom de la jeunesse exige humilité, constance et responsabilité. Toute organisation qui prétend le faire devrait d’abord accepter une vérité simple : la jeunesse ne se représente pas par décret, elle s’accompagne par l’action.

Jean -Baptiste SUFFRARD 

Président du JCEDH.

Communicologue, Formation en Anthropo-sociologie.

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