De graves accusations de détournement de fonds visent le ministre de la Défense, Jean Michel Moïse. Elles émanent de Jean Ronel Sistanis, directeur général du ministère, qui affirme que plusieurs centaines de millions de gourdes auraient été dépensées sans résultats tangibles.
Selon les déclarations de M. Sistanis, près de 80 millions de gourdes auraient été engagées pour la base militaire du Champ-de-Mars et 50 millions pour celle du Bicentenaire, sans que des infrastructures fonctionnelles ne soient aujourd’hui visibles. Il évoque également un décaissement de 160 millions de gourdes pour un projet agricole à Belladère, dont l’impact reste introuvable sur le terrain.
Le directeur général dénonce en outre l’appropriation présumée de 350 millions de gourdes issus du Fonds d’intelligence, un mécanisme sensible censé soutenir des activités stratégiques du ministère. Il affirme que ces fonds auraient été utilisés en dehors de tout cadre légal et sans reddition de comptes.
Face à la gravité des faits allégués, Jean Ronel Sistanis appelle formellement à l’ouverture d’une enquête administrative et judiciaire afin de faire la lumière sur la gestion des ressources du ministère de la Défense. À ce stade, le ministre Jean Michel Moïse, qui serait (selon Sistanis) détenteur d’un passeport américain, n’a pas réagi publiquement à ces accusations, qui interviennent dans un contexte de forte demande de transparence et de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique.

