CE QUE JE PENSE
L’HEURE DES IMPÉRATIFS MORAUX
Par Pierre Robert Auguste
Longtemps apparue comme nécessité immédiate, ignorée par des opérateurs locaux, négligée par des membres de l’Internationale, la moralisation de la vie politique se présente aujourd’hui comme la prise en compte des valeurs morales dans toute tentative de trouver une issue à la crise profonde du pays haïtien. Le reconnaitre en tout premier lieu comme un héritage commun qui doit recouvrer son statut d’Etat normal, digne de la société internationale civilisée. D’état normal à hisser à une société conviviale. D’une société conviviale à une nation où commande la loi imprescriptible du vouloir vivre ensemble. Le discerner reviendrait à ne plus prendre le pays pour un gibier, d’ailleurs déjà faisandé, aux vautours insatiables.
Si le dialogue inter-haitien n’est pas tourné vers la recherche de convergences pour en faire un conclave de citoyens multiforme ininterrompu, il sera une arène pour abattre les adversaires, un épisode d’inquisition pour juger les tares des autres, un théâtre de hautes trahisons pour les coups fourrés dans le dos, une occasion de plus pour la division stérile obstentatoire .
A première vue, trop d’égoïsmes, trop d’ambitions personnelles et claniques du pouvoir tirées par toutes les méthodes et tactiques de l’hypocrisie font un ras-le-bol clivant dans une atmosphère d’aveuglement total. Mieux vaut se prédisposer à ce qui unit sur la base des principes et non à rechercher des sentiments flatteurs. Si l’on s’écarte de la référence à la Cour de Cassation comme gage de neutralité, sur quels critères incontestables, irrefusables, irréfutables, on imposera, fera accepter le choix d’un président de la République ? La minorité n’est jamais qualifiée.
Tout est minorité, une fois détaché du peuple et séparé d’avec ses aspirations profondes. Seuls ses mandataires pourraient agir. Il n’en a pas. Il ne se retrouve identifié à quiconque. Donc, il faut pouvoir montrer s’accrocher à l’intérêt général.
L’aventurisme est la tentation la plus facile du politique. L’esprit de l’équilibre,le sens du compromis restent l’apanage de l’homme d’état. Même si le chemin de l’enfer peut être pavé de bonnes intentions, il ne faut point se retourner vers celui des turpitudes qui avait conduit au cpt. Il faut maintenir avec détermination courageuse, lucidité patriotique, volonté de coopération internationale saine, le cap vers le cheminement des principes historiques et moraux qui ont permis à ce pays de se retrouver et se sortir des occasions de malheur : le dépassement et le sacrifice de soi, l’esprit de grandeur et d’altruisme. Ou l’on s’attache à ces principes historiques et moraux , ou on subit à nouveau l’occupation dont les portes sont déjà entrouvertes par les mêmes antinationaux, fils et filles de leurs conzés congénitaux.
Dieu nous préserve et nous protège !
Gonaives le 2 février 2026
Pierre Robert Auguste

