Exécutif bicéphale envisagé pour prévenir l’émergence d’un Premier ministre hégémonique, à l’image du précédent Ariel Henry. À l’approche de l’échéance du 7 février, des discussions politiques s’orientent vers un schéma institutionnel à double tête visant à encadrer l’exercice du pouvoir exécutif et à limiter la concentration des prérogatives au sein d’une seule autorité gouvernementale, dans un contexte de recomposition accélérée des équilibres politiques.
PORT-AU-PRINCE, 1er février (Rezo Nòdwès) — Des discussions ont émergé dimanche autour d’un possible schéma de gouvernance bicéphale dirigé par un magistrat de la Cour de cassation, à la suite d’une rencontre d’acteurs politiques tenue à Pétion-Ville, selon des informations diffusées par Émancipation FM et des sources proches des échanges.
Une commission aurait été constituée afin de consulter des juges de la haute juridiction pour évaluer leur disponibilité à assumer une fonction exécutive dans le cadre d’une nouvelle architecture institutionnelle. Un rapport est attendu le 2 février, selon ces mêmes sources. Toutefois, ces éléments ne précisent pas si M. Fils-Aimé, Premier ministre révoqué, serait considéré dans l’hypothèse d’un dispositif de gouvernance à deux têtes.
Cette évolution intervient alors que la Communauté des Caraïbes (CARICOM) doit reprendre lundi, « par procuration », selon le Dr Josué Renaud (NEHRO), « des consultations orientées avec des parties haïtiennes » concernant les modalités d’une passation du pouvoir après le 7 février, échéance majeure du calendrier politique de transition. Ces discussions interviennent dans un contexte marqué par l’incapacité des autorités de transition à rétablir la sécurité et à organiser des élections à la fin de l’année dernière, selon plusieurs observateurs.
Jusqu’à ces derniers jours, plusieurs représentations diplomatiques — notamment celles des États-Unis, de la France et du Canada devant le Conseil de Sécurité — laissaient entendre que le Premier ministre de doublure, Alix Didier Fils-Aimé, bénéficiait d’un soutien élargi du secteur privé des affaires pour conduire la phase transitoire, malgré un bilan sécuritaire vivement critiqué par certains observateurs, qui évoquent les milliers de victimes par armes à feu enregistrées en 2025. Les développements observés dimanche suggèrent désormais l’émergence de scénarios alternatifs, témoignant de la forte volatilité des rapports de force au sein du paysage politique haïtien.

