Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) dénonce le silence du Conseil présidentiel de transition face à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse par les forces américaines. Qualifiant l’acte d’agression illégale et de violation du droit international, le BAI évoque des précédents historiques en Haïti et exige une condamnation officielle, la libération du couple présidentiel et des poursuites contre Donald Trump.
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Port-au-Prince, le 14 janvier 2026
Note de presse
Dénonciation du silence des membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) face à l’enlèvement du Président Nicolas MADURO et de son épouse Cilia FLORES par les forces armées américaines.
Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), dans sa mission première de défendre les droits humains des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes du terrorisme d’État, du Choléra importé par la mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), des Femmes et Filles victimes de viols, d’agressions sexuelles et d’autres abus de droit, dénonce le silence des membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) face à l’enlèvement du Président vénézuélien Nicolas MADURO et son épouse Cilia FLORES par les forces armées américaines.
En effet, dans la nuit du 3 janvier 2026, le Président en fonction du Venezuela, Nicolas MADURO et son épouse Cilia FLORES ont été enlevés par des troupes américaines lors d’une agression armée, préméditée, menée en dehors de tout cadre légal international et sans mandat du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ils ont été déportés à New York pour y être placés en détention en vue de poursuites fédérales, ce qui constitue une atteinte à la souveraineté du Venezuela et une violation contre les principes fondamentaux du droit international, notamment ceux consacrés par la Charte des Nations Unies.
Pire encore, le Président américain Donald TRUMP a publiquement reconnu que l’objectif principal de cette agression armée était de contrôler les ressources pétrolières vénézuéliennes. Cela montre sans équivoque que cette action n’a rien à voir avec la démocratie ou la protection des droits humains, mais qu’elle s’inscrit dans une logique de pression géopolitique et de contrôle des ressources stratégiques et des routes commerciales.
Alors que cette opération illégale et impérialiste, a été largement dénoncée à l’échelle internationale et régionale, pourtant les autorités haïtiennes s’enferment dans un silence assourdissant. Aucune condamnation ou prise de position officielle, comme si ce crime commis contre un peuple frère ne les affectait pas. Ce silence, dans les circonstances présentes, ne relève pas simplement de la prudence diplomatique, mais d’une trahison morale et politique.
Le BAI tient à rappeler les liens profonds de solidarité historique qui unissent Haïti et le Venezuela. Cette fraternité remonte à 1816, lorsqu’Haïti, première République noire indépendante, a courageusement soutenu Simon BOLIVAR dans sa lutte pour l’indépendance des peuples d’Amérique latine. Le Président Alexandre PETION avait alors accordé à BOLIVAR un appui décisif: six (6) mille fusils, des munitions, des vives et des troupes1, à condition que l’esclavage soit aboli dans les territoires libérés. Grâce à ce soutien, il a pu relancer sa campagne et libérer plusieurs pays du joug colonial, dont le Venezuela.
Le BAI estime ce qui est arrivé à une grande ressemblance avec ce qui s’est passé en Haïti le 17 décembre 1914, lorsque, tôt dans la matinée la canonnière américaine de «< USS Machias >> est entrée dans le port de Port-au-Prince, ayant à son bord, des soldats armés. Leur objectif n’était ni de faire la guerre, ni d’apporter de la paix ; ils visaient la Banque Nationale d’Haïti. Ils ont débarqué sans la moindre confrontation. Ils sont entrés directement dans la Banque Nationale de la République d’Haïti (BNRH), ont emporté la réserve d’or du pays, qui était estimée à 500 mille dollars à l’époque.
Cette somme représentait presque toutes les réserves financières du pays à cette époque. Ils ont chargé l’or sur le navire de guerre et sont repartis avec. Leur destination finale : la «< National City Bank à New York », l’une des plus grandes banques américaines du début du XXe siècle. À l’époque, ils cherchaient à mettre la Banque Nationale d’Haïti sous le contrôle total de la << National City Bank », en y transférant de force les réserves d’or haïtiennes, tout comme ils ont fait pour le Venezuela aujourd’hui.
À noter qu’en 2004, ils ont encore une fois débarqué en Haïti pour enlever le Président d’alors, Jean Bertrand ARISTDE au nom de la << Protection des Intérêts Économiques >> et de la << Stabilité Régionale ». À Port-au-Prince, l’événement a provoqué colère et indignation parmi les intellectuels et les politiciens. Mais l’État haïtien, déjà affaibli, n’avait ni force militaire, ni moyens diplomatiques pour réagir.
En définitive, le BAI constate que l’acte commis par les États-Unis envers le Venezuela, n’est ni une arrestation, ni un rétablissement de la démocratie, mais il s’agit d’un enlèvement, d’une ingérence et d’une agression armée contre un pays souverain, en violation de l’article 2 et suivant de la charte des Nations Unies et un projet d’imposition de leur volonté sur le Venezuela et sur l’ensemble de l’Amérique latine. D’ailleurs, les États-Unis ne se sont jamais intéressés à instaurer la démocratie. Nulle part ailleurs, ni au Venezuela, ni en Haïti, ni en Palestine, ni en Irak, ni en Iran.
Le BAI dénonce fermement l’absence de réaction de l’État haïtien. En conséquence, il exige aux membres du CPT de se prononcer pour demander la libération immédiate du Président MADURO et son épouse Cilia FLORES, contre l’acte perpétré par les États-Unis sur le couple présidentiel vénézuélien, tout en demandant à la Cour Pénale Internationale (CPI) de poursuivre Donald TRUMP pour l’agression commis au Venezuela.
Pour le BAI:
Me Chadony CANON
Me Marie Kattia DORESTANT Me Gesnel PIERRE

