8 janvier 2026
Capture de Maduro : liste des dirigeants ayant réagi et silence du gouvernement de doublure d’ Haïti
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Capture de Maduro : liste des dirigeants ayant réagi et silence du gouvernement de doublure d’ Haïti

Réactions mondiales à la capture de Maduro et effacement diplomatique d’Haïti au moment des 222 ans de son Indépendance

La capture ou le kidnapping de Nicolás Maduro par les forces américaines a provoqué une vague de réactions diplomatiques à l’échelle mondiale, révélant des clivages nets entre États favorables à l’opération, gouvernements la condamnant au nom du droit international public et acteurs adoptant une posture de prudence stratégique. Cet épisode a rapidement dépassé le seul cadre vénézuélien pour devenir un révélateur des rapports de force contemporains et des interprétations concurrentes de la souveraineté étatique.

Aux Etats-Unis, le président Donald J. Trump a revendiqué l’opération, l’inscrivant dans la lutte contre le narcotrafic et dans la nécessité d’ouvrir une phase de transition politique au Venezuela. L’exécutif américain assume ainsi une lecture extensive de ses prérogatives sécuritaires et juridictionnelles, au prix d’une controverse juridique internationale persistante.

En Amérique latine, plusieurs dirigeants ont exprimé un appui explicite ou une approbation politique. En Argentine, Javier Milei a salué la capture comme un signal adressé aux régimes autoritaires. En Équateur, Daniel Noboa a évoqué l’affaiblissement irréversible du chavisme, tandis qu’au Paraguay, Santiago Peña a adopté une position alignée sur Washington, invoquant la stabilité régionale.

À l’inverse, d’autres gouvernements ont formulé des condamnations fondées sur des considérations juridiques et de souveraineté. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé une atteinte à l’ordre international. En Colombie, Gustavo Petro a appelé à la mobilisation des mécanismes multilatéraux, tandis qu’une déclaration conjointe associant le Mexique, le Chili, l’Uruguay et l’Espagne a rejeté toute intervention militaire unilatérale.

Dans la Caraïbe et parmi les alliés idéologiques de Caracas, Cuba, sous la présidence de Miguel Díaz-Canel, a condamné fermement l’opération, la qualifiant de violation manifeste du droit international public et de précédent dangereux pour la région.

En Europe, l’Union européenne a appelé à la retenue et au respect de la Charte des Nations unies, sans pour autant réaffirmer une reconnaissance politique de Nicolás Maduro. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont adopté des positions prudentes, marquées par une critique de la méthode employée sans validation explicite de l’opération.

En Asie et au Moyen-Orient, la Chine a exprimé une condamnation sans ambiguïté de l’usage de la force contre un État souverain. L’Iran a exigé la libération du dirigeant vénézuélien, tandis qu’Israël a apporté un soutien politique au leadership américain, sans développer d’argumentaire juridique détaillé.

Sur le plan institutionnel, les Nations unies et l’Organisation des États américains ont engagé des consultations d’urgence, rappelant les principes de non-ingérence, de souveraineté et de règlement pacifique des différends, sans parvenir à dégager un consensus opérationnel immédiat.

Au sein de ce paysage diplomatique dense, le cas d’Haïti avec un gouvernement de doublure, se distingue par une absence totale de prise de position officielle. Les autorités haïtiennes de transition sont demeurées silencieuses alors même que le pays venait de commémorer le 222ᵉ anniversaire de son indépendance, fondée historiquement sur la rupture avec toute domination étrangère.

Ce mutisme institutionnel interroge tant la capacité de l’exécutif de facto à produire une parole diplomatique cohérente que la portée symbolique d’une indépendance célébrée sans expression de souveraineté dans l’ordre international contemporain. L’absence de position haïtienne contraste avec l’héritage diplomatique de 1804, longtemps mobilisé comme référence normative dans les débats relatifs à la liberté des peuples, et renforce l’image d’un État désarrimé des dynamiques internationales au moment même où sa mémoire fondatrice est officiellement célébrée.

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