Ce printemps 2025, malgré de graves soupçons de corruption et de collusion entre des membres du CPT avec les gangs, publiquement dénoncés, l’Église catholique d’Haïti, par l’intermédiaire de son représentant Patrick St-Hilaire — actuel président du Conseil électoral provisoire (CEP) — s’implique activement dans l’organisation d’un référendum sans fondement constitutionnel.
Sa désignation à la tête du CEP, loin d’être anodine, apporte selon plusieurs témoignages un « vernis moral à une démarche politiquement risquée ». Les informations de Rezo Nòdwès, obtenues de sources fiables, indiquent que la majorité du personnel du bureau central de Pétion-Ville, y compris les directeurs des opérations et de l’administration, a quitté la capitale pour le nord et le sud du pays, par avion, afin d’évaluer discrètement des centres de vote.
Les frais de mission atteignent 25 000 gourdes par agent et par jour, pour une durée prévue de 30 mois. Une mobilisation budgétairement lourde, au service d’un processus juridiquement nul, que l’institution ecclésiale semble paradoxalement soutenir tout en dénonçant l’effondrement de l’État.
Comment, dès lors, l’Église — gardienne des principes éthiques et du droit canon — peut-elle s’associer à une entreprise qui contrevient à la Constitution ? Un consensus entre acteurs politiques ne saurait, en aucun cas, supplanter la norme suprême de l’État, rappellent plusieurs constitutionnalistes haïtiens.

