Grands mangeurs de temps, de talent et de l’argent du trésor public, les démagogues du CPT nous prennent pour des cons-sans-temps en nous offrant une distraction pour occuper nos mains et nos gueules dans des productions écrites et verbales cacophoniques. Accouchés par césarienne via les bistouris du charlatan CARICOM, ces dirigeants arrivistes et cyniques inculpés dans des malversations financières seraient prêts à tout, y compris la livraison d’Haïti au diable, pour perdurer dans la bulle officielle ad vitam aeternam. Derrière ce projet de constitution fagoté dans l’illégalité et l’illégitimité se cacheraient entre autres des enjeux majeurs nourris par de vilains opportunistes de la communauté internationale qui convoitent les ressources d’Haïti. Sont relevées dans ce projet mort-né, des injustices et ingratitudes flagrantes telles que les limites voire l’exclusion de la généreuse diaspora dans les affaires politiques du pays.
Pire, je n’y suspecte pas une mission plus pernicieuse que cette trame de compagnies étrangères immobilières dans les articles 58 à 61, traitant de l’intrusion de l’étranger dans les affaires économiques du pays. En filigrane, il y a une volonté manifeste à y accorder des largesses à des multinationales, particulièrement dans l’immobilière. Ces derniers jours, tout semble converger dans le sens de donner raison aux sceptiques qui doutent d’une exploitation asymétrique des ressources rares du sous-sol d’Haïti. En tout cas, qu’est-ce que le pirate étranger ne promettrait pas aux crapules politiques assoiffés de pouvoir et de l’argent facile en contrepartie des boulevards à leur paver pour accomplir leurs missions d’exploitation outrancière ? Si le CPT s’avère un échec pour Haïti, il est plausible qu’il constitue la meilleure carte d’atout des prédateurs occidentaux qui prétendent soutenir Haïti dans des coopérations et projets de développement. La vigilance doit être de mise, car sans des initiatives citoyennes pour tuer dans l’œuf ce projet aberrant d’une constitution qui aurait souffert d’un gêne paternel cleptomane, les deals souterrains entre les vendeurs et les vendus seront concrétisés, au détriment de notre République historique.
Les stratagèmes de ce CPT âcrement décrié en raison de sa connivence dans la criminalité et ses mains trempées dans le détournement et la corruption visaient un objectif limpide : déplacer le vrai débat de société. Cette diversion présidentielle tendrait à faire oublier pour le moins momentanément les surfacturations incestueuses, les gaspillages financiers, la tentative de braquage bancaire, les communications douteuses de certains membres du CPT avec des terroristes du Viv-Ansanm et le détournement des fonds de l’intelligence vers des poches individuelles.
Très tôt, les sophistes et les vrais dialecticiens se croisent sur des plateaux politiques et médiatiques pour croiser l’épée d’une part en des raisonnements fallacieux entêtés à résister d’autre part aux arguments cohérents. Les protagonistes se mêlent les méninges en des télescopages burlesques animés par des polémiques stériles qui croient pouvoir damer le pion aux quelques éclats de lumière gratifiés par les esprits avisés. Par souci de ne pas valoriser cet ouvrage commandité piloté par des usurpateurs qui les attireraient alors dans ce piège de nourrir une chronophagie budgétivore, certains critiques préfèrent garder un mutisme sépulcral. Cette thèse qui consiste à fuir le débat contradictoire sur le contenu de l’avant-projet de la constitution est bien étayée par les antagonistes à ce pouvoir présidentiel multicéphale importé truffé de vice de fond e de forme. Cependant, la foule étant tellement naïve que les adeptes de ce pouvoir profiteraient du vide pour l’intoxiquer.
Une posture plus responsable s’impose, celle de révéler les inefficiences du CPT pour justifier son échec et mat tout en proposant des pistes de solution à travers la mise en place d’un gouvernement conséquent, de taille réduite. Lequel gouvernement doit assurer une transition de rupture dans l’austérité, nettoyer les écuries d’Augias, donner des résultats tangibles à travers des mesures de sécurité et des projets humanitaires au profit de la collectivité. Il y a nécessité de déblayer le terrain avant d’accueillir les ambitieux projets des élections.
Les hostilités sont lancées
Haïti ne doit pas encourir le risque suicidaire de procéder à ce choix référendaire binaire pour ou contre une nouvelle constitution qui déboucherait sur une crise plus aiguë. Les mercenaires rédacteurs de cet avant-projet de constitution au service du CPT mosaïque, qui lui est au service loyal de la flibusterie internationale, entament des pèlerinages médiatiques dithyrambiques, narcissiques et sophistiques. Les signes politiques montrent qu’Haïti touche ce timing paranoïaque récurrent où des rémunérations colossales sont réservées au sophisme et à la flagornerie. L’histoire politique récente en Haïti illustre que les crimes de sang et de lèse-patrie sont constamment corrélés avec la proximité de la fin de mandat des dirigeants politiques inutiles.
Les jouisseurs du CPT se rendent déjà à l’évidence qu’ils ne pourront fournir les provisions attendues en référence à l’Accord du 3 avril qu’ils ont d’ailleurs violé en raison de leur affairisme déchainé. Volontairement, ces ravisseurs à la magistrature suprême du pays n’ont pas suivi les termes de référence de cet Accord politique afin de ne pas se soumettre aux mécanismes de supervision et de contrôle. Depuis son intronisation à date, le CPT a joué à l’intelligent en écartant l’idée de monter des structures de contrôle telles que l’OCAG. Le fonctionnement d’une telle entité impliquerait par exemple la réappropriation des fonds de l’intelligence aux institutions régaliennes appropriées. L’éviction de ceux qui s’enrichissent dans la demande de pots de vin aurait été imminente.
Même s’ils ont perdu le sens de la honte, à force de se salir dans des scandales, les conseillers ne peuvent exprimer l’audace de regarder les adeptes de leurs plateformes politiques dans le blanc des yeux. Entre trahison et enrichissement illicite, ces êtres quoiqu’au crépuscule de leur vie, ont plutôt opté de nourrir une inimitié vis-à-vis des combattants politiques de leur chapelle au lieu de suivre leur mise en garde face à leur gestion malsaine des ressources du pays. Les heureux élus de la loterie présidentielle se la coulent douce. Au frais de la princesse désossée, ils se suffoquent en mangeant et buvant sans cesse.
Dans une sinécure onéreuse, ils cumulent des frais gigantesques à chaque respiration, à chaque digestion, à chaque défécation. Ils grillent le budget de la République en des voyages dorés ; ils se font héberger dans des hôtels somptueux. Ils brulent des cartes de crédits accordées à la présidence pour satisfaire les désirs voluptueux de leurs concubines. Il y a garantie que ces opportunistes qui se refont une santé financière sans produire un iota de résultat ne laisseront pas cette Villa d’Alibaba à cœur joie. Ils vont donc réactiver cette mauvaise manie de la politique insalubre de mobiliser notamment dans la presse des individus sans scrupule et des avocats du diable pour défendre du bec et des ongles leur prolongation dans la sphère stratégique de la Cité.
In limine litis, les grosses gorges de la basoche vont décrocher leurs toges pour monter au créneau avec la feuille de route impossible de noircir le blanc ou de blanchir le noir. Mais, Dieu merci ils buteront sur des dialecticiens honnêtes qui sauront user la maïeutique avec brio pour anéantir leur mission opaque de propager des mensonges et des incohérences qui viseront à gagner les esprits naïfs. Espérons que ces véreux profiteurs détenteurs des manettes stratégiques n’amplifieront pas les animosités en sollicitant le support de mercenaires étrangers pour semer la pagaille au bercail dans leur seul intérêt personnel. En tout cas, nous savons qu’en dehors de la force de contrebalance, cette mission maléfique secrète dépendra de l’humeur et des intérêts des puissantes ambassades. L’élite résiduelle probe doit s’évertuer à contourner le déroulement d’un triste épisode déjà vécu au pays.
Élections par ce CPT, une chimère
Sans souligner les conflits d’intérêts patents dans une potentielle entreprise électorale de ce CPT pondu par des chefs de partis politiques affreux, les conditions essentielles aux élections n’ont jamais été réunies sous l’administration de ce collège multicéphale. La confiance dans les dirigeants compte parmi les prérequis incontournables avant de pouvoir débattre librement des questions électorales. C’est ce déficit social légué par le régime politique post-séisme qui est à l’origine des séries d’élections manquées depuis celles réalisées sous la direction de Jocelerme Privert. En plus d’être des proxy-présidents de facto et illégitimes, ces imposteurs présidentiels sont des corrompus et des insouciants qui ne se distinguent des gangs criminels qui sèment la terreur au pays que par la cravate. Aujourd’hui l’absence de confiance dans les dirigeants est encore plus criante.
Tandis qu’il est inapte à s’attaquer au conjoncturel en produisant le minimum de service pour garantir un niveau de sécurité acceptable en faveur de la population nomade malgré elle, le CPT ose se pencher sur un projet structurel qui devrait engager la République sur plusieurs décennies. Une constitution inclue les règles qui définissent l’organisation et le fonctionnement d’un État, la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) et les droits et libertés des citoyens, y compris ceux résidant au pays qu’à la diaspora. Quelque prometteuse que pourrait être cette loi-cadre, elle ne peut en aucun cas produire par elle-même des résultats judicieux si les gouvernants n’inspirent pas confiance. Tel est malheureusement le contexte politique actuel où le pays est pris en otage par des imposteurs et des usurpateurs qui ne font que gonfler leurs comptes bancaires personnels sans garantir un minimum vital à la population qui ne sait à quel saint se vouer.
La Constitution de 1987 et celle amendée, seraient-elles effectivement les nœuds gordiens à la stabilité et au développement du pays ? Comme tout texte, des amendements et des améliorations sont souvent essentiels afin de s’adapter aux mutations spatio-temporelles qui s’opèrent dans la société. Sans conteste, la Constitution de 1987, âgée de trente-huit ans obéirait à ce principe. Cependant, cela ne vaudrait pas la peine de la réviser entièrement. Tel n’est pas le cas d’ailleurs, au regard du contenu de cet avant-projet de constitution mort-né. D’ailleurs, sans vouloir tomber dans le piège d’analyser avec minutie cet avant-projet de constitution proposé par ce CPT malicieux, il n’y a que des nuances sur lesquelles les rédacteurs sont intervenus par rapport au texte de 1987. Ce qui aurait commandé par exemple un amendement de certains articles sans nécessairement tout chambarder politiquement.
Dans l’impossibilité d’assurer un climat de sécurité propice avant le projet d’envergure de l’organisation des scrutins, l’échec du CPT est constaté. Ces gens malhonnêtes ne peuvent détenir la noble tâche de convoquer le peuple en ses comices, car l’organisation d’élections crédibles n’est pas l’apanage de dirigeants cleptomanes. Une alternative politique s’impose aujourd’hui même ; celle-ci doit éviter de réitérer les mêmes erreurs du passé.
Il revient à l’élite intellectuelle d’assurer sa vocation de contribuer proactivement dans la construction d’un pays stable et prospère. Les institutions de vigie sont donc interpellées à proposer au plus vite une nouvelle offre politique consensuelle composée de personnalités compétentes et intègres afin de sortir Haïti du labyrinthe.
Carly Dollin

