Le temps ne marche pas,
il glisse —
comme un filet d’eau sur une vitre
qu’on regarde sans jamais le retenir.
Un jour,
tu te réveilles,
et la voix de ton père
a changé de place.
Elle n’est plus dans les murs,
mais dans un silence précis,
entre deux respirations.
Les miroirs ne mentent pas,
mais ils oublient parfois
qui nous étions avant
la fatigue.
Je garde des souvenirs
pliés comme des lettres
que je n’ai jamais envoyées.
Des sourires jaunis.
Des promesses sans adresse.
Et pourtant,
chaque seconde est un battement neuf.
Chaque minute, un choix qu’on oubliera.
Le présent est un funambule
qui tremble,
mais avance toujours.
Je n’ai plus peur du temps.
J’apprends seulement
à le saluer,
quand il passe,
sans me dire au revoir.
Elensky Fragelus

