1 janvier 2026
Revalorisation du volontariat en Haïti : vers une nouvelle ère de solidarité structurée
Actualités Société

Revalorisation du volontariat en Haïti : vers une nouvelle ère de solidarité structurée

Dans un contexte où Haïti fait face à des crises multiformes — humanitaires, environnementales, sécuritaires — le volontariat pourrait bien redevenir un pilier central de la résilience nationale. Ce mardi 20 mai, à Port-au-Prince, la Direction de la Protection Civile (DPC) et l’organisation Volontariat pour le Développement National (VDH) ont réuni, dans les locaux du #COUN, une centaine d’acteurs institutionnels, communautaires et associatifs de l’Ouest à l’occasion d’un grand atelier de mobilisation.

L’objectif ? Repenser, structurer et renforcer le rôle des volontaires dans la gestion des urgences et des catastrophes. Une ambition lucide, portée par une phrase qui a résonné à plusieurs reprises dans l’amphithéâtre : « Revaloriser le volontariat, c’est armer la nation contre l’imprévisible. »

Un cadre institutionnel en gestation

Au cœur de cette journée de travail, plusieurs documents stratégiques ont été présentés, dont la Politique Nationale du Volontariat et le Cadre Stratégique du Volontariat, deux textes fondateurs appelés à encadrer le rôle, la formation et les droits des volontaires en Haïti.

Certaines propositions tendent vers une meilleure intégration des jeunes dans les dispositifs de réponse, une reconnaissance juridique du statut de volontaire, l’élaboration d’un plan de formation national, et l’accès à un matériel de protection standardisé.

Des participants ont rappelé que dans un pays à haut risque sismique, cyclonique et social, les volontaires sont souvent les premiers et les derniers maillons de la chaîne de sauvetage.

Des voix politiques engagées

La présence de plusieurs ministres – celui de l’Intérieur et des Collectivités Locales, celui de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, et celui chargé des Réformes humanitaires – a donné une résonance particulière à cet atelier. Ils ont plaidé en faveur d’une meilleure reconnaissance des volontaires comme acteurs à part entière du développement national.

Une volonté populaire à canaliser

L’atelier s’est conclu sur des travaux en groupe, au cours desquels participants et facilitateurs ont partagé leurs réalités de terrain, parfois dures, souvent inspirantes. Leurs témoignages rappellent qu’en Haïti, le volontariat n’est pas un luxe ni un loisir, mais une nécessité vitale, une forme d’engagement quotidien dans un pays où l’État reste souvent absent dans les premières lignes d’intervention.

Si le volontariat haïtien est riche de sa diversité – jeunes scouts, comités de quartier, équipes locales de réponse – il reste trop souvent invisibilisé, précaire, informel. Or, comme l’a souligné l’un des participants: « Il ne peut y avoir de réponse durable aux crises sans un volontariat durable. »

Une nation debout sur les épaules de ses volontaires

Cette initiative ne doit pas être isolée. Elle doit s’inscrire dans un projet plus large de mobilisation nationale, visant à doter chaque commune du pays d’un réseau structuré de volontaires, formés, encadrés, et soutenus. Face à la montée des défis climatiques et sociaux, Haïti doit pouvoir s’appuyer sur ses forces vives les plus engagées : sa jeunesse, ses citoyens ordinaires, ses bénévoles anonymes.

Et si l’avenir d’Haïti passait par une redéfinition profonde du lien entre l’État et ses volontaires ? Cette journée de mai, placée sous le signe de l’action civique et de la résilience, en aura peut-être posé les premières pierres.

Lyndd J. Jasmin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.