1 janvier 2026
Halte à la diversion constitutionnelle : l’insécurité avant tout
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Halte à la diversion constitutionnelle : l’insécurité avant tout

L’Edito du Rezo

Alors que le pays s’enfonce chaque jour davantage dans un abîme de violence « planifiée », les autorités de facto tentent de détourner l’attention publique vers une consultation illusoire autour d’un avant-projet de Constitution importée, invitant les citoyens à soumettre leurs avis d’ici le 22 juin. Cette démarche, présentée comme un processus inclusif, relève davantage de la diversion politique que d’une urgence nationale.

Haïti ne souffre pas d’un vide constitutionnel. Ce dont souffre le pays, c’est de l’effondrement de l’État, de l’absence d’un minimum de sécurité publique, de la disparition de l’autorité judiciaire et de la souveraineté territoriale, enfin d’hommes à colonne vertébrale redressee.Toute tentative de réforme constitutionnelle dans un tel contexte n’est pas seulement déplacée : elle est immorale. Elle cherche à légitimer un pouvoir sans mandat, incapable d’assurer la vie, la sécurité et la dignité de ses citoyens.

Le peuple haïtien ne doit pas se laisser entraîner dans ce piège politique. Le 21 mai encore, dans l’Artibonite et dans le Plateau Central, des civils ont été tués, décapités, terrorisés. Un homme de 86 ans a été atrocement exécuté. Plus de 18 morts en une seule journée. C’est là que réside l’urgence : dans la restauration de l’ordre public, dans le démantèlement des groupes armés terroristes à sapate er à cravate, non dans la fabrication d’une Constitution taillée pour un exécutif tout-puissant à la Duvalier.

Ce texte constitutionnel, qui propose de concentrer les pouvoirs entre les mains d’un président nommant un Premier ministre sans contre-pouvoir réel, nie les exigences d’un État démocratique. Ce modèle vertical, centralisateur, évacue toute logique de reddition de comptes. Il ne répond à aucune des demandes populaires, ni aux recommandations des institutions haïtiennes ni aux expériences tragiques du passé.

Le peuple haïtien est invité à ne pas se tromper de combat. Ce n’est pas sur une architecture institutionnelle fictive qu’il doit s’exprimer, mais sur l’horreur quotidienne vécue par les habitants de Carrefour, de Canaan, de Petite Rivière de l’Artibonite, de Kenskof… Ce n’est pas l’avant-projet du 22 juin qui fera tomber les murs de l’impunité, de la corruption, mais la mobilisation lucide contre la stratégie de confusion entretenue par le pouvoir en place.

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